Café et santé osseuse : une étude australienne fixe enfin la limite à ne pas dépasser

 

Longtemps accusé de fragiliser les os, le café fait l’objet d’un débat récurrent, particulièrement chez les personnes âgées. Une vaste étude australienne apporte aujourd’hui un éclairage précis sur ses effets réels après 70 ans, en distinguant clairement les idées reçues des risques avérés.

Menée sur près de 10 000 femmes âgées en moyenne de 73 ans et suivies pendant une décennie, cette recherche publiée dans la revue *Nutrients* a analysé l’évolution de la densité osseuse au niveau du fémur et des vertèbres lombaires. Les scientifiques ont croisé ces données avec les habitudes de consommation de café afin de mesurer l’impact réel de la caféine sur le squelette vieillissant.

Premier constat : le café n’est pas l’ennemi des os, contrairement à une croyance tenace. Consommé de manière modérée, il n’entraîne pas de dégradation significative de la densité osseuse. Les chercheurs évoquent toutefois un léger effet de « fuite » du calcium, sans conséquence notable tant que la consommation reste raisonnable.

C’est précisément la notion de seuil qui change la donne. Selon l’étude, boire entre **2 et 4 tasses de café par jour** n’a pas d’impact négatif mesurable sur les os après 70 ans. En revanche, un basculement s’observe à partir de **5 tasses quotidiennes** : la densité osseuse diminue davantage, ce qui augmente le risque de fractures, un enjeu majeur à cet âge.

Ces résultats confirment d’autres travaux scientifiques montrant que les effets du café dépendent essentiellement de la quantité consommée. Une consommation modérée reste globalement sans danger, tandis qu’un excès prolongé — au-delà de cinq tasses — est associé à une fragilisation progressive du squelette, notamment chez les populations déjà à risque comme les personnes âgées.

En conclusion, il n’est pas nécessaire de renoncer au café après 70 ans. La clé réside dans l’équilibre : quelques tasses par jour peuvent continuer à faire partie du quotidien sans compromettre la santé osseuse, à condition de ne pas franchir le seuil critique identifié par les chercheurs.

Nouhad Ourebzani