Le hall de la bibliothèque du CHU de Bab-El Oued a accueilli les 14 et 15 juillet 2026, une campagne gratuite de dépistage de la rétinopathie diabétique, une complication fréquente mais souvent silencieuse du diabète. Organisée par la Société algérienne d’endocrinologies et maladies métaboliques (SAEM), en collaboration avec les services d’endocrinologie, de diabétologie et d’ophtalmologie de l’établissement, cette initiative a bénéficié du soutien des Laboratoires abdi ibrahim remede pharma (AIRP), qui ont mis à disposition un rétinographe pour la réalisation des examens.
Pour Ouardia Lekadir, chef de produits aux Laboratoires AIRP, cette première campagne poursuit un objectif de santé publique. « La rétinopathie diabétique est complication asymptomatique du diabète, qui évolue de façon silencieuse. L’objectif de cette campagne est de toucher un maximum de patients diabétiques et de les sensibiliser sur l’intérêt de la réalisation du fond d’œil afin de permettre un diagnostic précoce et une prise en charge globale, rapide et efficace de cette pathologie ». Elle a salué la mobilisation des équipes du CHU, à leurs têtes le directeur du CHU, les chefs de services, le Pr Fedala, le Pr Heddam et le Pr Djabour ainsi que les partenaires ayant contribué à cette opération. S’exprimant au micro d’Esseha, la responsable a, par ailleurs rappelé que le respect des recommandations médicales permet « d’éviter des complications majeures pouvant conduire à la perte de la vue ».
Le Pr Soumeya Fedala, chef de Service d’Endocrinologie et Maladies Métaboliques au CHU Bab El Oued et présidente de la SAEM a souligné que cette campagne est le fruit d’une collaboration entre plusieurs services hospitaliers. Elle a rappelé que le diabète constitue un véritable problème de santé publique en Algérie et que ses complications touchent plusieurs organes, notamment les yeux. « L’atteinte ophtalmologique, c’est la cécité de demain chez les patients diabétiques. Pourtant, il s’agit d’une complication évitable si elle est dépistée suffisamment tôt ». Elle a insisté sur le fait que la maladie reste longtemps silencieuse, ce qui rend le dépistage indispensable, d’autant que « plus le diabète est déséquilibré, plus le risque de développer cette complication est élevé ».
Le Dr Mohamed Akram Ben Yahia, spécialiste en endocrinologie et diabétologie, a rappelé que les patients diabétiques doivent effectuer un fond d’œil chaque année. Les deux journées de dépistage organisées au CHU avaient précis »ment pour objectif de faciliter cet examen en le proposant gratuitement.
Le Dr Borhane-Eddine Kemil, ophtalmologue, a précisé que le suivi dépend du stade de la maladie. Un fond d’œil annuel est recommandé en l’absence de complications, puis tous les 6 mois voire 3 mois lorsque la rétinopathie progresse. Il a rappelé que cette atteinte est souvent découverte lors d’un contrôle ou après l’apparition de complications sévères.
De son côté, le Dr Soumia Laib, maître-assistante en endocrinologie et diabétologie, s’est attardée sur les recommandations de dépistage. « Les personnes atteintes d’un diabète de type 1 doivent être examinées à partir de la 5e année suivant le diagnostic, tandis que celles souffrant d’un diabète de type 2 doivent bénéficier d’un dépistage dès la découverte de la maladie », a-t-elle fait savoir, ajoutant que « chez la femme diabétique, ce contrôle est recommandé avant un projet de grossesse ou dès sa confirmation ».
Hassina Amrouni