Congrès ESMO : Annonce d’une percée majeure dans le traitement des tumeurs placentaires

Lors du congrès annuel de la Société Européenne d’Oncologie Médicale (ESMO) qui se tient à Barcelone jusqu’au 17 du mois, une découverte révolutionnaire a été dévoilée samedi 14 septembre 2024, par une équipe de chercheurs français. Cette avancée concerne un nouveau traitement prometteur pour les tumeurs placentaires liées à la grossesse.

Après quatre années de recherches, l’équipe scientifique du Centre National de Référence des Maladies Trophoblastiques des Hospices Civils de Lyon (HCL) a obtenu des résultats significatifs qui ont largement dépassé leurs attentes. La validation d’un nouveau protocole thérapeutique a permis, en effet, l’éradication complète des tumeurs chez 25 patientes sur 26, lors d’un essai clinique, atteignant ainsi un taux de guérison « rarissime » de 96 %, selon les informations communiquées par les HCL.

Les professeurs Benoit You et Pierre-Adrien Bolze, respectivement oncologue et chirurgien gynécologue, ont combiné pour la toute première fois immunothérapie et chimiothérapie afin de traiter des tumeurs trophoblastiques gestationnelles (TTG), dites à « bas risque ». C’est avec beaucoup d’enthousiasme que le Pr Bolze a déclaré, lors de la présentation de cet essai clinique : « nous ne sommes plus très loin de l’éradication totale de l’intégralité des tumeurs trophoblastiques gestationnelles. C’est une avancée considérable, certainement la plus importante des 15 dernières années concernant ce type de pathologies ».

Pour rappel, ces tumeurs, bien que rares et souvent méconnues, affectent environ une femme enceinte sur mille en Occident et près d’une sur cent en Asie.

Elles résultent d’une anomalie de la fécondation, liée à un excès de matériel chromosomique d’origine paternelle, entraînant soit l’absence d’embryon, soit un embryon non viable. Ces lésions précancéreuses, appelées « môles hydatiformes », se développent à partir du trophoblaste, la couche de cellules qui entoure normalement l’embryon et forme les villosités qui ancrent le placenta dans l’utérus.

Souvent détectées lors de l’échographie du premier ou du deuxième mois de grossesse, ces môles doivent être évacuées par aspiration (curetage), bien qu’elles puissent parfois provoquer une fausse couche spontanée.

Possédant un fort potentiel métastatique, ces tumeurs peuvent entrainer la mort en l’absence de traitement.

Cette avancée apporte un espoir certain aux nombreuses patientes souffrant de cette pathologie, offrant ainsi une lueur de réconfort dans leur parcours difficile.

Hassina Amrouni