Début d’un essai clinique d’un médicament oral pour le traitement des radiations nucléaires

 

Plusieurs incidents, tels qu’un accident dans une centrale nucléaire, une mauvaise gestion des essais nucléaires ou même l’utilisation d’armes nucléaires, peuvent entraîner une contamination radioactive massive. En cas d’événement nucléaire majeur, il est crucial de prévenir l’absorption d’iode radioactif par la thyroïde, en distribuant de l’iode. Cependant, il existe des limites évidentes à cette méthode, notamment la difficulté de perfuser une population importante.

Le défi pour la communauté scientifique est donc de trouver des traitements plus rapides et faciles à administrer aux populations irradiées. Aux États-Unis, un essai clinique portant sur un médicament oral expérimental vient de débuter pour répondre à cette problématique.

Cet essai vise actuellement à évaluer l’innocuité et la tolérabilité d’un nouveau médicament appelé HOPO 14-1 chez des adultes en bonne santé et non irradiés.

Formulé sous forme de gélule à prendre par voie orale, ce médicament serait beaucoup plus facile à administrer à grande échelle, à stocker et à distribuer en cas d’urgence.

Les essais précliniques ont démontré que le HOPO 14-1 pouvait éliminer efficacement de nombreux contaminants radioactifs, jusqu’à 100 fois plus efficacement que le DTPA (acide diéthylène triamine pentaacétique), le médicament injectable actuellement utilisé en cas d’accident nucléaire, pour se lier et éliminer les éléments radioactifs.

L’essai clinique se déroule actuellement à Plymouth, dans le Michigan (États-Unis), avec la participation de 42 adultes âgés de 18 à 65 ans, répartis en sept groupes de six participants. Le premier groupe recevra une dose de 100 mg de HOPO 14-1, tandis que les autres groupes recevront des doses de plus en plus élevées, jusqu’à 7 500 mg pour le septième groupe, si les doses inférieures s’avèrent sans danger. Une période de surveillance de 14 jours est prévue pour évaluer l’absorption, la distribution et l’élimination du médicament. Les résultats de cet essai sont attendus pour 2024.

Nouhad Ourebzani