L’industrie pharmaceutique nationale poursuit sa diversification dans le domaine du traitement du diabète. Le groupe algérien Biocare vient de conclure un nouvel accord avec l’entreprise omanaise Felix Pharma, portant sur le transfert de technologies de fabrication de médicaments modernes contre cette maladie chronique. Signé à Milan, en marge du salon international CPHI 2026, ce partenariat s’inscrit dans une coopération industrielle engagée entre les deux groupes en 2025, avec une particularité : le transfert de savoir-faire s’effectue désormais dans les deux sens, de l’Algérie vers le Sultanat d’Oman et inversement.
La production locale de médicaments contre le diabète pourrait franchir une nouvelle étape avec l’accord conclu entre le groupe Biocare et Felix Pharma. Après avoir développé ses capacités industrielles dans la fabrication de l’insuline, l’entreprise algérienne entend désormais élargir son activité à de nouveaux traitements, à travers l’acquisition de technologies de fabrication détenues par son partenaire omanais.
La convention a été signée à l’occasion du salon international CPHI, organisé du 6 au 8 octobre 2026 à Milan, en Italie, l’un des grands rendez-vous mondiaux de l’industrie pharmaceutique. Elle prévoit le transfert vers l’Algérie de technologies destinées à la fabrication de médicaments récents utilisés dans la prise en charge du diabète. L’objectif est de permettre leur production locale, en s’appuyant sur les capacités industrielles de Biocare et sur l’expertise technique de Felix Pharma.
Ce partenariat intervient dans un contexte marqué par l’importance croissante du diabète dans les enjeux de santé publique. Maladie chronique nécessitant un suivi médical régulier et, dans de nombreux cas, un traitement à vie, le diabète représente également un défi pour les systèmes de santé, qui doivent garantir la disponibilité continue de médicaments adaptés aux besoins des patients.
Les progrès thérapeutiques enregistrés ces dernières années ont progressivement élargi les possibilités de traitement, notamment pour le diabète de type 2. Toutefois, l’accès à ces innovations dépend de plusieurs facteurs, parmi lesquels leur disponibilité, leur coût et les conditions de leur prise en charge. Dans ce contexte, le développement d’une production pharmaceutique locale peut contribuer à sécuriser les approvisionnements et à réduire la dépendance aux importations.
L’intérêt du nouvel accord réside également dans la nature de la coopération établie entre les deux entreprises. En 2025, Biocare et Felix Pharma avaient déjà conclu un accord-cadre prévoyant le transfert vers le Sultanat d’Oman de technologies algériennes de fabrication de l’insuline et de collyres. Cette première étape mettait en valeur les capacités industrielles développées par Biocare, notamment à travers sa filiale Biocare Biotech, spécialisée dans la fabrication de l’insuline.
Avec la convention signée à Milan, les rôles évoluent puisque l’entreprise algérienne devient, à son tour, bénéficiaire d’un transfert technologique. Cette réciprocité donne une dimension particulière au partenariat, qui ne repose plus uniquement sur la commercialisation de médicaments ou l’exportation de produits finis, mais sur la mise en commun de compétences industrielles dans des domaines thérapeutiques complémentaires.
Pour Biocare, l’enjeu est désormais de capitaliser sur son expérience dans la fabrication de l’insuline afin de diversifier son portefeuille de médicaments destinés aux personnes diabétiques. Cette orientation pourrait lui permettre de se positionner sur de nouvelles catégories de traitements, dans un domaine où les innovations thérapeutiques occupent une place croissante.
Il convient néanmoins de distinguer les ambitions annoncées des réalisations industrielles effectives. Les informations rendues publiques ne précisent pas encore les molécules concernées par le transfert technologique, les capacités de production envisagées, le montant des investissements nécessaires ou le calendrier prévisionnel de mise sur le marché.
Or, dans l’industrie pharmaceutique, le transfert de technologie ne se limite pas à l’acquisition d’un procédé de fabrication. Il implique également la formation des équipes, l’adaptation éventuelle des installations industrielles, la validation des procédés de production et le respect des exigences réglementaires relatives à la qualité, à la sécurité et à l’efficacité des médicaments. Ce sont autant d’étapes qui conditionneront la concrétisation de l’accord.
Au-delà du cas de Biocare, cette coopération illustre une évolution intéressante des partenariats industriels entre l’Algérie et le Sultanat d’Oman. En privilégiant le transfert réciproque de technologies, les deux entreprises cherchent à développer leurs capacités de fabrication respectives plutôt qu’à limiter leur relation à des échanges commerciaux. Une démarche qui peut favoriser la montée en compétence des équipes locales et renforcer la maîtrise de procédés pharmaceutiques à plus forte valeur ajoutée.
Cette orientation rejoint les objectifs de diversification de la production pharmaceutique nationale, dont l’un des principaux défis consiste à dépasser la simple substitution aux importations pour développer une véritable maîtrise technologique. La fabrication locale de médicaments modernes ne prend, en effet, toute sa dimension que lorsqu’elle s’accompagne d’un transfert effectif de savoir-faire, d’une production durable et d’une capacité à répondre aux besoins du marché.
Pour les patients diabétiques, les retombées de cette nouvelle coopération dépendront avant tout de sa traduction concrète. L’arrivée éventuelle de nouveaux médicaments fabriqués localement pourrait contribuer à diversifier l’offre thérapeutique et à améliorer la sécurité des approvisionnements. Elle ne garantit cependant pas, à elle seule, une baisse des prix ou un accès élargi aux traitements, qui dépendront également des conditions de commercialisation et de remboursement.
L’accord signé entre Biocare et Felix Pharma constitue ainsi une perspective industrielle supplémentaire pour le secteur pharmaceutique national. Sa portée réelle se mesurera moins à l’annonce du partenariat qu’à la capacité des deux entreprises à transformer le transfert technologique en une production effective, régulière et accessible aux patients.
Tinhinane B