Enquête 2025 de l’INSP : l’obésité gagne du terrain dans les campus universitaires

L’Institut national de santé publique a rendu public, sur son site officiel, le compte rendu détaillé de la journée de restitution des résultats de l’enquête menée en 2025 sur la prévalence de l’obésité en milieu universitaire dans la wilaya d’Alger.

Cette rencontre scientifique a réuni des experts de la santé publique, des chercheurs, des universitaires ainsi que des représentants d’institutions concernées par la prévention des maladies non transmissibles, dans un contexte marqué par une progression continue de l’obésité chez les jeunes adultes.

L’enquête s’inscrit dans la stratégie nationale de surveillance épidémiologique des facteurs de risque liés aux maladies chroniques. Elle avait pour objectif principal d’évaluer l’ampleur de l’obésité et du surpoids chez les étudiants universitaires, une catégorie de population souvent perçue comme relativement protégée, mais qui se révèle de plus en plus exposée à des comportements favorisant la prise de poids. À travers cette étude, l’INSP a cherché à produire des données scientifiques fiables susceptibles d’éclairer les décideurs publics et d’orienter les actions de prévention en milieu universitaire.

Les résultats présentés lors de la journée de restitution ont mis en évidence une situation préoccupante. Selon les données collectées au cours de l’année 2025, plus de 11 pour cent des étudiants universitaires de la wilaya d’Alger enquêtés souffrent d’obésité. Ce taux, jugé élevé pour une population jeune, confirme que l’obésité n’est plus un phénomène limité aux tranches d’âge avancées, mais qu’elle touche désormais de plein fouet les jeunes adultes, y compris ceux poursuivant des études supérieures.

Les intervenants ont souligné que cette prévalence traduit des transformations profondes des modes de vie en milieu universitaire. La sédentarité, liée notamment à la généralisation des écrans et à la réduction de l’activité physique, figure parmi les principaux facteurs évoqués. À cela s’ajoutent des habitudes alimentaires souvent déséquilibrées, caractérisées par une consommation excessive d aliments riches en graisses et en sucres, le recours fréquent à la restauration rapide et l’irrégularité des repas, notamment chez les étudiants vivant loin de leur famille.

Le stress académique et les contraintes liées au rythme universitaire ont également été cités comme des éléments pouvant influencer négativement les comportements alimentaires et le niveau d’activité physique. Les périodes d’examens, les longues heures passées en position assise et le manque d’espaces ou de temps dédiés à la pratique sportive contribuent à renforcer le risque de prise de poids et d’obésité.

Au cours de la journée de restitution, les spécialistes de santé publique ont rappelé que l’obésité constitue un facteur de risque majeur pour de nombreuses pathologies chroniques. Chez les jeunes adultes, elle peut favoriser l’apparition précoce de maladies telles que le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, les troubles cardiovasculaires et certains problèmes articulaires. Ces complications ont non seulement un impact sur la santé individuelle, mais représentent également un enjeu important pour le système de santé à moyen et long terme.

Les résultats de l’enquête ont suscité des échanges autour de la nécessité de renforcer les actions de prévention ciblant spécifiquement le milieu universitaire. Les participants ont insisté sur l’importance d’intégrer l’éducation nutritionnelle dans les programmes de sensibilisation destinés aux étudiants, tout en encourageant la pratique régulière d’une activité physique adaptée. Les universités sont appelées à jouer un rôle central dans cette dynamique, en créant un environnement favorable à des choix de vie plus sains.

La publication de ce compte rendu par l’Institut national de santé publique témoigne de la volonté des autorités sanitaires de disposer d’indicateurs précis pour mieux comprendre l’évolution de l’obésité chez les jeunes. Elle souligne également l’importance de la recherche et de la collaboration entre les secteurs de la santé et de l’enseignement supérieur pour faire face à ce défi croissant.

En mettant en lumière la prévalence de l’obésité en milieu universitaire dans la wilaya d’Alger, l’enquête 2025 constitue une alerte mais aussi une opportunité. Elle offre une base solide pour l’élaboration de politiques publiques et de programmes de prévention adaptés aux réalités des étudiants, avec pour objectif de promouvoir une meilleure hygiène de vie et de préserver la santé des générations futures.

Nora S.