L’épilepsie demeure l’un des troubles neurologiques les plus fréquents dans le monde. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique rappelle que cette affection touche environ 4,4 millions de personnes dans la Région africaine. L’organisation insiste sur la nécessité de mieux faire connaître la maladie afin de lutter contre les préjugés et la stigmatisation qui entourent encore les personnes atteintes.
L’OMS souligne que l’épilepsie peut concerner toute personne, quel que soit son âge. Contrairement à certaines idées reçues, elle n’est pas contagieuse et peut être traitée. Une meilleure compréhension de cette maladie constitue ainsi un levier essentiel pour favoriser le dépistage, améliorer la prise en charge et encourager l’inclusion sociale des patients.
Selon la fiche d’information de l’OMS publiée le 7 février 2024, environ 50 millions de personnes vivent avec l’épilepsie dans le monde, ce qui en fait l’une des affections neurologiques les plus courantes. Près de 80 % des personnes concernées résident dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
L’épilepsie est une affection chronique du cerveau caractérisée par des crises récurrentes, provoquées par une activité électrique excessive dans certaines cellules cérébrales. Ces crises peuvent se manifester par des mouvements involontaires touchant une partie du corps ou l’ensemble de celui-ci. Elles peuvent également s’accompagner d’une perte de conscience, de troubles des sensations ou de brèves absences. Leur intensité et leur fréquence varient d’une personne à l’autre.
L’apparition d’une crise isolée ne signifie toutefois pas nécessairement qu’une personne est épileptique. Le diagnostic repose sur une évaluation médicale permettant de déterminer la nature des épisodes et leur origine.
Une maladie qui peut être maîtrisée
L’un des principaux messages de l’OMS concerne les possibilités de traitement. Selon l’organisation, jusqu’à 70 % des personnes atteintes d’épilepsie pourraient vivre sans crise si leur maladie était correctement diagnostiquée et traitée par des médicaments adaptés.
Pourtant, l’accès aux soins demeure insuffisant dans de nombreuses régions du monde. Dans les pays à faible revenu, environ trois quarts des personnes atteintes ne bénéficient pas du traitement dont elles ont besoin. Le manque de médicaments disponibles, les difficultés d’accès aux services de santé et l’insuffisance de la formation de certains professionnels figurent parmi les obstacles à une prise en charge appropriée.
L’OMS rappelle également que plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de l’épilepsie, notamment des lésions cérébrales survenues avant ou pendant la naissance, des traumatismes crâniens graves, certains accidents vasculaires cérébraux, des infections touchant le cerveau ou encore des anomalies génétiques. Dans environ la moitié des cas à l’échelle mondiale, la cause reste inconnue.
Combattre les préjugés pour améliorer la vie des patients
Au-delà de ses conséquences médicales, l’épilepsie expose de nombreuses personnes à la discrimination et à l’exclusion sociale. Les fausses croyances selon lesquelles cette maladie serait contagieuse ou incurable peuvent alimenter la peur, isoler les patients et décourager le recours aux soins.
Pour l’OMS, mieux informer le public constitue donc une étape essentielle pour faire reculer ces comportements. La sensibilisation doit permettre de rappeler que les personnes atteintes d’épilepsie ont besoin d’un accompagnement médical adapté, mais aussi de compréhension, de respect et de soutien dans leur vie quotidienne.
La réduction de la stigmatisation passe également par la protection de leurs droits, notamment en matière d’éducation, d’emploi et d’accès aux services de santé.
À travers son message, le bureau régional de l’OMS pour l’Afrique remet ainsi en avant trois réalités fondamentales : l’épilepsie peut toucher chacun, elle n’est pas contagieuse et des traitements permettent à une majorité de patients de vivre sans crise. Une meilleure connaissance de la maladie représente un moyen concret de lutter contre les idées reçues et de favoriser une prise en charge plus juste et plus humaine.
Nouhad Ourebzani