Lorsque les flammes ont ravagé plusieurs régions de l’Algérie, elles n’ont pas seulement détruit des maisons, des forêts et des terres agricoles. Elles ont aussi frappé une partie, souvent moins visible, de ce drame : les animaux. Chiens, chats, vaches, moutons et animaux sauvages ont été brûlés, blessés, désorientés ou contraints de fuir leurs habitats. Et face à leur détresse, des vétérinaires ont choisi de ne pas rester inactifs.
Comme partout dans le pays, la solidarité citoyenne s’est rapidement organisée. Des citoyens ont collecté et envoyé de la nourriture, des médicaments, des vêtements et différents équipement vers les zones sinistrées. Des bénévoles se sont mobilisés pour venir en aide aux victimes. Mais au milieu de de cet immense élan, une autre chaîne de solidarité s’est mise en place, souvent loin des projecteurs : celle des vétérinaires partis soigner les animaux touchés par les feux.
Certains ont fermé leurs cabinets, d’autres ont écourté leurs vacances ou laissé leurs proches pour rallier les régions éprouvées. Sur place, ils ont trouvé des animaux portant les traces terribles des flammes : brûlures, blessures, déshydratation, épuisement ou traumatismes. Il a fallu intervenir en urgence, parfois avec des moyens limités pour soulager, soigner et sauver ceux qui peuvent encore l’être.
Les images qui défilent sur les réseaux sociaux témoignent de cette mobilisation. On y voit des vétérinaires examiner des animaux blessés, nettoyer leurs plaies, administrer des soins et tenter, autant que possible, de leur redonner des forces. Derrière chaque vidéo, il y a surtout des gestes simples, mais essentiels, accomplis avec patience et compassion.
Cette mobilisation rappelle une évidence : dans une catastrophe, la souffrance ne s’arrête pas à l’humain. Les animaux domestiques font partie des familles et les animaux sauvages sont une composante précieuse des écosystèmes détruits par les flammes. Leur venir en aide, c’est aussi préserver une part de ce qui a été durement éprouvé.
A ces femmes et ces hommes qui ont fermé leurs cabinets, repoussé leurs obligations et pris la route pour répondre à l’urgence, il faut donc rendre hommage. Ils n’ont pas attendu qu’on leur demande d’agir, ils ont simplement répondu présents.
Dans un pays bouleversé par les incendies, leur engagement constitue une belle illustration de cette solidarité algérienne qui, dans les moments les plus difficiles trouve toujours le moyen de se manifester et de se matérialiser. Cette fois, elle a aussi pris la forme d’une main tendue vers ceux qui ne peuvent pas parler mais qui, eux aussi, ont tout perdu.
Hassina Amrouni