L’Algérie franchit une nouvelle étape dans la réforme de son secteur pharmaceutique. Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a décidé de supprimer l’attestation de régulation pharmaceutique exigée jusque-là pour l’importation de matières premières destinées à la fabrication de médicaments, une mesure visant à alléger les procédures et à accélérer l’approvisionnement du marché national.
Cette décision, officialisée le 1er avril 2026 à travers une correspondance adressée à l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF), a été relayée à l’ensemble des banques et institutions financières du pays. Elle concerne particulièrement les formalités de domiciliation bancaire, étape incontournable pour toute opération d’importation.
Concrètement, cette mesure met fin à l’obligation pour les opérateurs pharmaceutiques de fournir ce document administratif supplémentaire lors du montage de leurs dossiers. L’attestation de régulation pharmaceutique constituait une contrainte bureaucratique qui rallongeait les délais de traitement et compliquait les démarches d’importation. Sa suppression devrait ainsi fluidifier les procédures et réduire les délais d’accès aux matières premières essentielles à la production locale de médicaments.
Dans sa note, l’ABEF a appelé les établissements bancaires à appliquer strictement cette nouvelle disposition dès réception de l’instruction ministérielle, en prenant toutes les mesures nécessaires pour sa mise en œuvre effective.
Cette réforme intervient dans un contexte marqué par des tensions d’approvisionnement sur certains produits pharmaceutiques. Le ministre de l’Industrie pharmaceutique a récemment évoqué des situations de rupture ou de pénurie signalées dans plusieurs officines, pointant notamment des dysfonctionnements au sein de la chaîne d’approvisionnement impliquant fabricants et importateurs.
En supprimant cette formalité, les autorités entendent lever un obstacle administratif majeur et permettre aux opérateurs de procéder plus rapidement à l’importation des intrants nécessaires à la production nationale. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la souveraineté sanitaire du pays, à soutenir l’industrie pharmaceutique locale et à garantir une meilleure disponibilité des médicaments sur le marché national.
Nouhad Ourebzani