La nouvelle classification internationale des PID au cœur d’un Café pédagogique à Sétif

 

Le Groupe des jeunes pneumologues algériens organise ce mardi 13 janvier le Café pédagogique de la Société algérienne de pneumologie (SAP) au niveau du service de pneumo-phtisiologie du CHU de Sétif. Cette rencontre scientifique est consacrée à un thème d’actualité majeure pour la communauté médicale : la nouvelle classification internationale des pneumopathies interstitielles diffuses (PID), publiée en 2025.

La séance sera animée par le Pr Keriou F., le Dr Ben Babouche N. et le Dr Zier A., et s’inscrit dans une dynamique de mise à jour continue des connaissances face à l’évolution rapide des recommandations internationales en pneumologie.

Les pneumopathies interstitielles diffuses regroupent près d’une centaine de maladies rares affectant principalement l’interstitium pulmonaire, les petites voies aériennes ou les alvéoles. Ces pathologies complexes représentent un défi diagnostique et thérapeutique important, nécessitant une approche multidisciplinaire associant cliniciens, radiologues et anatomo-pathologistes.

La première classification des PID idiopathiques élaborée conjointement par l’American Thoracic Society et l’European Respiratory Society (ATS/ERS) a vu le jour en 2002, avant d’être actualisée en 2013. Face aux avancées scientifiques et à l’accumulation de nouvelles données cliniques, une nouvelle révision a été jugée nécessaire. Cette mise à jour 2025 est le fruit du travail d’un comité international composé de 32 experts, ainsi que de deux patients désignés par l’ERS et l’ATS, soulignant l’importance croissante de l’expérience patient dans l’élaboration des recommandations.

Parallèlement, un groupe de travail relevant d’OrphaLung mène actuellement un important travail de traduction et d’adaptation en langue française de ces nouvelles recommandations, afin de faciliter leur diffusion et leur application dans les pays francophones.

Certaines pathologies n’ont toutefois pas été intégrées dans cette classification, notamment les pneumoconioses, la sarcoïdose, les atteintes pulmonaires survenant chez les patients immunodéprimés, les pathologies histiocytaires ainsi que la lymphangioléiomyomatose. Leur exclusion repose sur des spécificités physiopathologiques et de prise en charge distinctes.

L’une des principales nouveautés de la classification 2025 réside dans son extension au-delà des seules pneumopathies interstitielles idiopathiques. Elle met désormais l’accent sur une double stratification des patients, fondée à la fois sur l’aspect radiologique ou histologique et sur l’étiologie de la maladie. Cette approche vise à mieux refléter la diversité des présentations cliniques et à affiner les stratégies thérapeutiques.

Ainsi, bien que l’identification de la cause sous-jacente demeure essentielle, la nouvelle classification intègre de manière formelle les PID non idiopathiques, dites secondaires. Les pneumopathies interstitielles associées aux connectivites et les pneumopathies d’hypersensibilité doivent désormais être décrites en tenant compte de leur profil scanographique ou histologique. À titre d’exemple, une PID associée à une polyarthrite rhumatoïde pourra être caractérisée par un aspect de pneumopathie interstitielle commune ou de pneumopathie interstitielle non spécifique, des distinctions ayant des implications pronostiques et thérapeutiques majeures.

À travers ce Café pédagogique, le CHU de Sétif devient un espace d’échange et de réflexion autour de ces évolutions conceptuelles, offrant aux praticiens l’opportunité de mieux comprendre et intégrer la nouvelle classification des PID dans leur pratique quotidienne. Cette initiative témoigne de la volonté des jeunes pneumologues algériens de rester au plus près des standards internationaux et de contribuer à l’amélioration de la prise en charge des maladies respiratoires rares en Algérie.

Nora S. 

SAPSociété Algérienne de pneumologie