La nouvelle contribution climatique de l’Algérie : un engagement pour la planète, mais surtout pour la santé des Algériens

Le dépôt officiel par l’Algérie de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN) révisée auprès de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est, à première vue, un acte diplomatique. Pourtant, derrière ce document technique se cache une réalité beaucoup plus concrète : la protection de la santé des citoyens.

Pendant longtemps, les politiques climatiques ont été perçues comme des préoccupations réservées aux spécialistes de l’environnement. Aujourd’hui, cette vision appartient au passé. Les données scientifiques sont sans équivoque : le changement climatique est devenu l’un des principaux déterminants de la santé publique au XXIᵉ siècle.

L’Algérie n’échappe pas à cette réalité. Les vagues de chaleur se multiplient, les incendies de forêt gagnent en intensité, les périodes de sécheresse s’allongent et la pression sur les ressources en eau devient de plus en plus forte. À ces phénomènes s’ajoutent la dégradation de la qualité de l’air et les risques croissants liés à certains agents infectieux sensibles aux évolutions climatiques.

Les conséquences sanitaires sont déjà visibles. Chaque épisode de chaleur extrême entraîne une augmentation des déshydratations, des coups de chaleur et des complications cardiovasculaires. Les incendies dégradent la qualité de l’air sur des centaines de kilomètres, aggravant les maladies respiratoires, notamment chez les enfants, les personnes âgées et les patients souffrant d’asthme ou de maladies pulmonaires chroniques. Les événements climatiques extrêmes exercent également une pression supplémentaire sur les établissements de santé et les services d’urgence.

C’est précisément dans ce contexte que prend tout son sens la nouvelle CDN de l’Algérie. En renforçant ses engagements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, protéger les ressources naturelles et développer des stratégies d’adaptation, le pays agit simultanément sur plusieurs déterminants majeurs de la santé.

Moins de pollution atmosphérique signifie moins de maladies respiratoires et cardiovasculaires. Une meilleure gestion de l’eau contribue à prévenir les maladies liées à la contamination ou à la pénurie. Des villes plus résilientes et davantage d’espaces verts limitent les effets des îlots de chaleur urbains. Une agriculture plus durable favorise, à terme, une meilleure sécurité alimentaire et une alimentation plus saine.

L’Organisation mondiale de la Santé rappelle régulièrement qu’une politique climatique ambitieuse est aussi une politique de prévention. Chaque dinar investi dans la protection de l’environnement peut générer des bénéfices sanitaires considérables en réduisant les hospitalisations, les dépenses de santé et la mortalité liée aux facteurs environnementaux.

Pour l’Algérie, cette transition représente également une opportunité de moderniser son système de santé. Les établissements hospitaliers devront progressivement intégrer les risques climatiques dans leur fonctionnement, renforcer leur résilience face aux épisodes extrêmes et développer davantage les actions de prévention, de surveillance épidémiologique et d’éducation sanitaire.

La CDN révisée n’est donc pas seulement un engagement envers la communauté internationale. Elle constitue un investissement dans la qualité de vie des Algériens. Car derrière chaque objectif de réduction des émissions se trouvent des bénéfices bien réels : un air plus respirable, une eau mieux préservée, des villes plus vivables, moins de maladies évitables et une population mieux protégée.

Face au changement climatique, la véritable mesure du succès ne résidera pas uniquement dans les tonnes de carbone évitées. Elle se lira aussi dans les salles d’urgence moins saturées lors des canicules, dans les enfants qui respirent un air plus sain, dans les personnes âgées mieux protégées et dans un système de santé plus résilient.

En déposant sa CDN révisée, l’Algérie adresse ainsi un message qui dépasse largement les négociations internationales : la lutte contre le changement climatique est aussi un choix en faveur de la santé, du bien-être et de l’avenir de chaque citoyen.

Nora S.