La Société Algérienne de l’Athérosclérose (SAA) tiendra son premier Congrès National les 8 et 9 octobre 2026 à l’Hôtel Sheraton Alger, autour du thème « Atherosclerosis in 2026: From Residual Risk to Precision Cardio-Metabolic Medicine ». Cette première édition ambitionne de réunir des spécialistes de différentes disciplines autour des nouvelles approches de prévention, de stratification du risque et de prise en charge de l’athérosclérose.
Dans son mot adressé aux congressistes , le président de la SAA, le Pr Nazim Laraba, souligne que l’athérosclérose connaît aujourd’hui une « véritable révolution conceptuelle et thérapeutique ». Selon lui, sa prise en charge ne se limite plus au contrôle des facteurs de risque classiques, mais évolue vers une approche intégrée, systémique et dynamique, en cohérence avec les recommandations internationales et les efforts de prévention des maladies non transmissibles en Algérie.
Le président place ainsi ce premier congrès dans une transition vers une médecine de précision, fondée notamment sur une meilleure compréhension du continuum cardio-réno-métabolique. Diabète, obésité, maladie rénale chronique et pathologies cardiovasculaires sont désormais considérés comme étroitement liés. Dans cette nouvelle approche, le contrôle de la glycémie n’est plus présenté comme une finalité isolée, mais comme l’un des leviers permettant de réduire un risque cardiovasculaire global, multifactoriel et évolutif.
Le Pr Laraba insiste également sur la vocation de la Société Algérienne de l’Athérosclérose à fédérer les différentes spécialités impliquées dans la prévention, l’évaluation et la prise en charge du risque vasculaire. L’objectif affiché est de promouvoir une approche transversale de l’athérosclérose, fondée sur les données scientifiques récentes, adaptée aux réalités du système de santé algérien et orientée vers l’amélioration du parcours de soins.
Parmi les évolutions thérapeutiques mises en avant figurent les inhibiteurs de SGLT2 et les agonistes des récepteurs du GLP-1, dont les bénéfices cardiovasculaires et rénaux dépassent la seule réduction de la glycémie. Le congrès accordera également une place importante à la redéfinition du risque athérogène, avec l’intérêt croissant de marqueurs tels que l’ApoB et la lipoprotéine(a), ainsi qu’aux nouvelles approches thérapeutiques ciblant l’ARN.
L’obésité constitue un autre axe majeur de cette réflexion. Pour le président de la SAA, elle s’impose désormais comme une maladie cardiovasculaire à part entière, impliquée dans les mécanismes inflammatoires et métaboliques de l’athérosclérose. La prise en charge de cette pathologie bénéficie, elle aussi, d’innovations qui modifient les objectifs thérapeutiques et les perspectives cliniques.
Autre enjeu identifié : la maladie polyvasculaire, considérée comme une expression clinique d’une athérosclérose systémique affectant simultanément plusieurs territoires artériels. Son identification et sa prise en charge globale sont présentées comme essentielles pour réduire le risque résiduel et améliorer le pronostic cardiovasculaire.
Le programme scientifique du congrès est construit autour de quatre grands domaines : le diabète, l’obésité, l’hypertension artérielle et la dyslipidémie. Il prévoit des conférences plénières, des symposiums, des ateliers et une importante session consacrée aux e-posters.
La première journée, jeudi 8 octobre, sera notamment consacrée au diabète et au passage du contrôle glycémique à la protection cardio-réno-métabolique. Les interventions aborderont entre autres la place de la colchicine, les spécificités de l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs chez le patient atteint de diabète de type 2, les nouvelles stratégies cardio-réno-métaboliques, les agonistes du GLP-1 et la prise en charge de la maladie rénale diabétique.
La deuxième session de l’après-midi poursuivra cette thématique avec la place des traitements du diabète en cardiologie, le dépistage précoce et les nouvelles stratégies de néphroprotection dans la maladie rénale diabétique, les spécificités diagnostiques et thérapeutiques de la coronaropathie chez le patient diabétique, ainsi que l’évolution des traitements hypolipémiants avec les PCSK9, l’inclisiran et les siRNA.
Le vendredi 9 octobre au matin, les travaux se déplaceront vers l’obésité, avec une approche qui la considère sous l’angle cardiovasculaire et métabolique. Le programme prévoit notamment des communications sur l’obésité et la fibrillation auriculaire, l’insuffisance cardiaque, le risque cardiovasculaire, les phénotypes d’obésité et la variabilité de réponse aux thérapies incrétiniques.
Cette session abordera également les relations entre obésité et maladie rénale chronique, le syndrome cardio-réno-métabolique et l’athérosclérose, ainsi que les enjeux liés à l’estimation du débit de filtration rénale. Une place sera ainsi accordée à l’interaction entre les différentes composantes du risque métabolique et vasculaire.
L’après-midi sera consacré à l’hypertension artérielle et à la dyslipidémie sous le thème « Lower is better… ». Les discussions porteront notamment sur l’intensification du traitement antihypertenseur, la rigidité artérielle, le rôle du rein dans le risque vasculaire, les actualités thérapeutiques de l’AVC ischémique et le profil lipidique de certaines populations de patients.
La dernière session scientifique s’intéressera au LDL-cholestérol, aux stratégies hypolipémiantes dans le syndrome coronaire aigu, à l’association statine-ézétimibe, à la dyslipidémie athérogène chez le patient diabétique et à la lipoprotéine(a), considérée comme une cible thérapeutique émergente. La clôture du congrès est prévue à l’issue de cette session.
En parallèle des conférences, quatre ateliers permettront d’approfondir certaines problématiques pratiques. Le programme prévoit notamment une réflexion sur les résultats d’EMPA-REG dix ans après, un atelier consacré à l’utilisation de l’Ozempic® autour de la protection métabolique et cardio-rénale, un atelier « Cœur et diabète » réunissant les regards du cardiologue et du diabétologue, ainsi qu’un atelier sur le score calcique coronaire et la prévention cardiovasculaire personnalisée.
Les e-posters compléteront enfin le programme scientifique avec un large éventail de travaux portant sur les facteurs de risque résiduel, l’obésité, le diabète, les dyslipidémies, la maladie polyvasculaire, les atteintes rénales et cardiovasculaires, ainsi que de nouvelles pistes de médecine de précision. Le programme recense 84 contributions sous forme d’e-posters, couvrant des travaux cliniques, observationnels, expérimentaux et des cas cliniques provenant de plusieurs régions et structures hospitalo-universitaires algériennes.
Pour le Pr Nazim Laraba, cette première édition doit ainsi constituer à la fois un espace de formation, d’échanges scientifiques et de réflexion entre experts issus de différentes spécialités et régions du pays. L’ambition est de renforcer une dynamique collective autour d’une meilleure prévention et d’une prise en charge plus personnalisée des maladies athéroscléreuses, en s’appuyant sur les données scientifiques les plus récentes.
Amina Azoune