La vitamine D est souvent promue pour ses bienfaits sur la santé osseuse, musculaire et immunitaire, mais elle fait également l’objet de débats quant à ses potentiels effets secondaires. Une étude récente publiée dans Nutrients, menée par une équipe internationale de chercheurs, a exploré les risques liés à la prise de suppléments de vitamine D, notamment en ce qui concerne l’hypercalcémie (un excès de calcium dans le sang), les calculs rénaux et l’athérosclérose.
Basée sur les données de 445 493 participants de la biobanque britannique UK Biobank, cette étude est l’une des plus grandes de ce genre à ce jour. Elle a révélé que bien que 1,5 % des participants présentaient des niveaux élevés de vitamine D dans le sang (≥100 nmol/L), et que 4,3 % prenaient régulièrement des suppléments, aucune corrélation significative n’a été trouvée entre la supplémentation et un risque accru de calculs rénaux ou d’athérosclérose. L’augmentation des cas d’hypercalcémie chez certains consommateurs a été observée, mais principalement en lien avec la co-supplémentation en calcium, sans entraîner de conséquences graves sur la santé.
Réévaluation des risques
Les résultats de cette étude viennent ainsi contredire certaines critiques concernant les effets secondaires potentiels de la vitamine D, souvent accusée de favoriser l’accumulation de calcium dans les artères et les reins. En réalité, l’étude confirme que les doses habituellement prescrites, variant entre 400 et 4 000 UI par jour dans l’Union européenne, sont sûres et ne conduisent pas à des surdosages. Les effets indésirables graves n’ont été observés qu’avec des doses très élevées, dépassant les 10 000 UI par jour.
Ces conclusions sont particulièrement pertinentes dans le contexte actuel où l’on cherche des moyens rentables d’améliorer la santé publique. Selon les chercheurs, une supplémentation régulière et contrôlée en vitamine D pourrait jouer un rôle crucial dans la prévention de nombreuses maladies, notamment dans la réduction de la mortalité liée au cancer. Hermann Brenner, l’un des auteurs, souligne que ces résultats devraient encourager une consommation adaptée de vitamine D, soulignant ses bénéfices potentiels non seulement pour la santé osseuse, mais aussi pour la réduction des risques de maladies graves.
En somme, la prise de vitamine D, lorsqu’elle est bien dosée, reste une mesure sûre et bénéfique pour la santé, particulièrement dans les régions peu exposées au soleil. Cette étude apporte donc des éléments rassurants pour les nombreux consommateurs de ce complément essentiel, tout en rappelant l’importance de la modération et du suivi médical.
Nouhad Ourebzani