Le cholestérol et la santé cérébrale : un enjeu sous-estimé

Une récente étude présentée lors des sessions scientifiques 2024 de l’American Heart Association (AHA) met en lumière un lien intrigant entre les fluctuations du taux de cholestérol et le risque de déclin cognitif ou de démence. Menée dans le cadre de l’essai clinique ASPREE, cette recherche a suivi près de 10 000 participants âgés sur six ans, observant des variations annuelles du cholestérol total et du LDL (dit “mauvais” cholestérol). Ces oscillations marquées sont associées à une augmentation significative du risque de démence et de troubles cognitifs.

Les scientifiques avancent que ces variations pourraient fragiliser les plaques d’athérosclérose, augmentant ainsi les risques d’accidents vasculaires cérébraux et, par extension, de déclin cognitif. Toutefois, certains spécialistes, comme le Dr Pablo Corral, rappellent qu’il s’agit d’une corrélation et non d’une preuve causale. D’autres facteurs, liés par exemple au mode de vie, pourraient expliquer cette association.

Ces résultats s’inscrivent dans une recherche plus large sur les causes modifiables de la démence. Un rapport publié dans The Lancet en 2024 souligne qu’un taux élevé de LDL à l’âge moyen est à l’origine de 7 % des cas mondiaux de démence. Mais il précise également que près de 45 % des facteurs de risque sont évitables par des choix de vie sains : une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et une gestion du stress.

Le message principal reste clair : stabiliser les taux de cholestérol n’est pas seulement bénéfique pour le cœur, mais aussi pour le cerveau. Ces découvertes soulignent l’importance des bilans de santé réguliers et des campagnes de prévention pour anticiper les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives. Si le lien entre cholestérol et cognition demande encore à être exploré, il ouvre de nouvelles perspectives pour préserver la santé cérébrale en vieillissant.

Nouhad Ourebzani