L’Organisation mondiale de la Santé a franchi une étape majeure dans la lutte contre le VIH en recommandant officiellement le lenacapavir, un antirétroviral injectable à longue durée d’action, comme nouvelle option de prophylaxie pré-exposition (PrEP). Administré deux fois par an, ce traitement préventif ouvre une ère inédite dans la stratégie mondiale de prévention, en particulier pour les populations les plus exposées au virus.
Présenté lors de la 13ᵉ Conférence internationale sur le sida (IAS 2025) à Kigali, le lenacapavir a démontré une efficacité proche de 100 % dans les essais cliniques. Une performance qui en fait, selon le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, « la meilleure alternative au vaccin que nous n’avons pas encore ».
Cette avancée intervient alors que l’épidémie reste stable avec 1,3 million de nouvelles infections recensées en 2024, touchant principalement les jeunes, les femmes et les groupes marginalisés. L’OMS mise désormais sur un accès élargi à ce traitement révolutionnaire, accompagné de dispositifs de dépistage simplifiés pour permettre son déploiement dans les contextes communautaires, y compris en milieu rural ou à travers la télémédecine.
Mais l’enthousiasme scientifique se heurte aux réalités économiques. Médecins Sans Frontières et d’autres ONG alertent sur les risques d’inégalités d’accès, notamment dans les pays à faibles revenus, en raison du prix élevé et des brevets détenus par le laboratoire Gilead. Le Fonds mondial a cependant annoncé un accord avec le fabricant pour assurer une distribution dans plusieurs pays du Sud, avec l’objectif ambitieux de couvrir deux millions de personnes d’ici fin 2025.
Si cette recommandation de l’OMS suscite de réels espoirs, son impact dépendra de la capacité collective à transformer cette percée biomédicale en outil accessible pour toutes les personnes exposées au VIH. Le lenacapavir pourrait bien être le tournant tant attendu, à condition qu’il ne reste pas un privilège, mais devienne un droit universel.
Tinhinane B