Une étude récente publiée dans le Journal of Dermatological Research met en lumière une corrélation préoccupante entre le traitement du psoriasis par des thérapies biologiques et un risque accru de développer une stéatose hépatique liée à des dysfonctionnements métaboliques (MASLD). Cette recherche, menée au Mexique, insiste sur l’importance d’une surveillance approfondie des patients atteints de psoriasis.
Où et comment l’étude a été réalisée ?
L’étude a été menée dans un hôpital du nord du Mexique sur une période de dix ans, entre 2012 et 2023. Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de plus de 13 ans ayant reçu un diagnostic de psoriasis. Les participants ont été répartis en trois groupes en fonction du traitement reçu :
1. Traitements topiques.
2. Traitements systémiques.
3. Thérapies biologiques.
Résultats : pourquoi tirer la sonnette d’alarme ?
Les patients recevant des thérapies biologiques se sont avérés particulièrement exposés au développement de MASLD, un trouble grave lié à une accumulation excessive de graisse dans le foie, souvent aggravé par des facteurs métaboliques. Les résultats suggèrent également une relation entre l’intensité des traitements biologiques et la progression de cette condition.
Implications pour la pratique médicale
L’étude met en avant la nécessité d’adopter une approche globale et proactive pour les patients atteints de psoriasis. Parmi les recommandations :
• Intégrer des tests de dépistage réguliers pour détecter les signes précoces de MASLD.
• Surveiller les fonctions hépatiques tout au long des traitements biologiques.
• Conseiller les patients sur des habitudes de vie saine pour réduire les risques métaboliques (régime alimentaire équilibré, activité physique régulière).
Quand et pour qui ces recommandations sont-elles cruciales ?
Cette vigilance est particulièrement essentielle pour les patients souffrant de psoriasis modéré à sévère, traités par des biologiques, et qui présentent déjà des facteurs de risque métaboliques, comme le diabète, l’obésité ou des antécédents de maladies cardiovasculaires.
Si les thérapies biologiques constituent une avancée majeure dans la prise en charge du psoriasis, cette étude rappelle qu’elles ne sont pas sans conséquences. Il est donc crucial pour les dermatologues et les professionnels de santé de considérer les risques métaboliques associés et de privilégier une prise en charge multidisciplinaire pour prévenir des complications graves comme la MASLD.
L’intégration de ces nouvelles données dans les protocoles de soins pourrait transformer la manière dont le psoriasis est traité, tout en protégeant les patients des effets secondaires à long terme.
Tinhinane B