L’obésité et le diabète de type 2 entretiennent une relation étroite qui complique souvent la prise en charge des patients. Entre insulinorésistance, prise de poids liée à certains traitements et difficultés à maintenir une activité physique régulière, ces deux maladies chroniques peuvent s’alimenter mutuellement. Une situation sur laquelle le Pr Hocine Ouassila, de l’Établissement public hospitalier (EPH) de Birtraria, a attiré l’attention en marge du 5e Congrès international sur l’obésité et les maladies métaboliques, lors d’un entretien accordé à Esseha.dz.
La spécialiste rappelle que l’obésité constitue une maladie chronique susceptible de favoriser l’apparition de plusieurs pathologies, notamment le diabète de type 2. Ce dernier se développe généralement à la suite d’une insulinorésistance qui s’installe progressivement. Avant que la maladie ne soit déclarée, une phase de prédiabète peut être observée. Cette période représente une occasion importante pour intervenir et tenter de prévenir, ou du moins de retarder, l’évolution vers un diabète avéré.
Lorsque le diabète est installé, la prise en charge ne peut se limiter à la prescription de médicaments. Elle repose sur une stratégie globale associant suivi médical, adaptation de l’alimentation et activité physique régulière. Sur le plan thérapeutique, les analogues du GLP-1 occupent désormais une place importante dans les nouvelles approches de traitement. Ces médicaments présentent un double intérêt : ils contribuent à améliorer l’équilibre du diabète de type 2 tout en favorisant une perte de poids chez les patients concernés.
Selon le Pr Hocine Ouassila, ces traitements peuvent également être indiqués chez certaines personnes souffrant d’obésité sans être diabétiques, lorsque leur situation médicale le justifie. Leur accessibilité demeure toutefois une difficulté en Algérie, notamment en raison des conditions de remboursement et du coût supporté par les patients, ce qui limite leur prescription dans certaines situations.
Mais la spécialiste tient à rappeler qu’aucune innovation thérapeutique ne saurait se substituer aux mesures hygiéno-diététiques. Même lorsqu’un patient bénéficie d’un traitement moderne, l’activité physique reste incontournable. Elle recommande notamment la marche rapide, à raison d’au moins 30 minutes par jour, en adaptant l’intensité de l’effort aux capacités de chacun.
L’alimentation constitue l’autre pilier de cette démarche, avec une attention particulière portée à la réduction des sucreries et des aliments riches en sucres. Ces changements doivent s’inscrire dans la durée pour produire des bénéfices sur la santé métabolique.
L’un des aspects les plus complexes de cette association entre obésité et diabète réside dans le cercle vicieux que certains traitements peuvent contribuer à entretenir. Le Pr Hocine Ouassila souligne notamment que l’insuline, indispensable à de nombreux patients diabétiques, peut favoriser une prise de poids. Cette évolution risque alors d’aggraver l’obésité, de compliquer l’équilibre métabolique et de rendre la prise en charge encore plus difficile, particulièrement lorsque le patient reste sédentaire.
C’est précisément dans ce contexte que les traitements favorisant également la perte de poids présentent un intérêt particulier. Ils ouvrent de nouvelles perspectives pour agir simultanément sur deux problèmes de santé étroitement liés.
Au-delà du choix thérapeutique, le message de la spécialiste porte ainsi sur la nécessité d’une prise en charge globale, impliquant le médecin, le patient et son entourage. Briser le cercle vicieux entre obésité et diabète suppose non seulement de disposer de traitements adaptés, mais aussi d’accompagner durablement les patients dans leurs changements de mode de vie.
Nouhad Ourebzani