Oran : clôture l’enquête nationale sur les violences faites aux femmes dans les établissements de santé

Sous la supervision de Kaci Abdellah, directeur de la santé et de la population de la wilaya d’Oran, la Direction de la santé a organisé, mardi 17 février 2026, la cérémonie de clôture de l’enquête nationale sur les violences faites aux femmes. Cette opération, menée dans plusieurs structures sanitaires de la wilaya, s’inscrit dans le cadre des efforts nationaux visant à mieux comprendre l’ampleur du phénomène et à améliorer les dispositifs de prise en charge des victimes.

Cette enquête, pilotée par l’Institut National de Santé Publique, a été réalisée au niveau des établissements de santé d’Oran avec la participation active des enquêteurs de plusieurs institutions sanitaires, notamment le centre hospitalo-universitaire d’Oran, l’établissement public hospitalier El Mrhguene, l’établissement public de santé de proximité Front de mer ainsi que l’établissement public de santé de proximité d’Arzew. La coordination locale de l’opération a été assurée par la Direction de la santé et de la population de la wilaya d’Oran.

Lancée officiellement le 11 janvier dernier, l’enquête s’inscrit dans la mise en œuvre des orientations du ministère de la Santé. À cette occasion, le directeur général du centre hospitalo-universitaire d’Oran avait donné le coup d’envoi du programme national de collecte de données sur les violences faites aux femmes pour l’année 2025, au niveau du service des urgences médico-chirurgicales, point stratégique permettant d’atteindre un large public.

Sur le terrain, l’opération a mobilisé des équipes spécialisées composées de médecins généralistes et de psychologues. Les femmes fréquentant les structures sanitaires, qu’elles soient patientes ou accompagnatrices, ont été ciblées par l’enquête sur une période d’un mois, avec une couverture continue 24 heures sur 24. Les participantes ont été interrogées à travers des entretiens individuels réalisés dans le respect total de la confidentialité, des principes éthiques et des normes professionnelles. Les données ont été recueillies via des questionnaires numériques remplis sur des tablettes électroniques, à l’aide d’une application dédiée au programme national.

Selon les organisateurs, ce travail constitue un outil scientifique essentiel pour mieux cerner les différentes formes de violences subies par les femmes, qu’elles soient physiques, psychologiques, économiques ou sociales. Les résultats attendus devraient permettre de produire des indicateurs fiables pour orienter les politiques publiques en matière de santé et d’action sociale, renforcer les mécanismes de prévention et améliorer les dispositifs de prise en charge médicale et psychologique des victimes.

L’enquête nationale est organisée par l’Institut National de Santé Publique sous la tutelle du Fonds des Nations unies pour la population, dans le cadre d’un partenariat visant à soutenir les efforts de l’État algérien pour la protection de la santé des femmes, la promotion de leurs droits et la préservation de leur dignité. Elle s’inscrit également dans une approche globale de lutte contre les violences basées sur le genre, considérées aujourd’hui comme un enjeu majeur de santé publique.

La cérémonie de clôture a permis de saluer l’engagement des équipes médicales et des enquêteurs ayant contribué à la réussite de cette opération d’envergure. Les responsables du secteur ont souligné l’importance de poursuivre ce type d’initiatives scientifiques afin de disposer de données actualisées et fiables, indispensables à la mise en place de stratégies efficaces de prévention et d’accompagnement.

À travers cette enquête, les autorités sanitaires ambitionnent non seulement de mieux comprendre les réalités vécues par les femmes, mais aussi de renforcer la coordination entre les acteurs de la santé, du social et de la société civile, dans une perspective de prise en charge globale et humanisée des victimes de violences.

Nouhad Ourebzani