Le Pediatric Neuroscience Day, organisé à Alger par les laboratoires El Kendi a réuni plusieurs spécialistes autour des pathologies neurodéveloppementales et psychiatriques de l’enfant et de l’adolescent.
L’événement a permis de croiser les expériences de praticiens issus de différentes disciplines, dans un contexte marqué par la complexité croissante du diagnostic et la nécessité d’une approche coordonnée.
Les intervenants ont insisté sur un point crucial : l’enfant ne peut être pris en charge efficacement sans une lecture collective de ses troubles.
Pour le Dr Mehdi Ferdjioui, Directeur Général des Laboratoires El Kendi, cette rencontre répond à un besoin réel de structuration du parcours diagnostique. Il souligne, au micro d’Esseha l’évolution rapide des pathologies et la difficulté à les identifier précocement.
« « C’est une journée très importante, la pathologie de l’enfant et de l’adolescent est en train d’évoluer très rapidement, elle touche une large partie de la société. Il y a de grands soucis diagnostiques aujourd’hui, c’est une nouvelle spécialité dans notre pays, il était donc important pour nous de réunir tous les spécialistes : les pédiatres, psychiatres, pédopsychiatres et les neurologues pour discuter ensemble sur les démarche diagnostiques communes, les tests différentiels pour essayer d’identifier la pathologie le plus tôt possible et donner un plan d’action aux parents qui sont, très souvent, dans le désarroi ».
Dans la même dynamique, le Pr Sandra Mouffok, chef de service pédopsychiatrie à l’EHS de Sidi Chami à Oran, a insisté sur la complémentarité des disciplines et sur la nécessité de dépasser les approches isolées. Elle a notamment rappelé les idées reçues autour du TDAH. « A l’occasion de cet événement, plusieurs spécialistes sont réunis, les pédiatres, les neurologues, les psychiatres et les pédopsychiatres et les psychologues pour parler de l’enfant. Il faut savoir que pour bien prendre en charge un enfant, il faut qu’il y ait plusieurs disciplines et plusieurs compréhensions. On a tendance à penser que le TDAH est un trouble propre uniquement aux enfants hyperactifs, alors que l’essence de ce trouble, c’est l’inattention. L’objectif de cette journée est de travailler tous ensemble dans le but de bien prendre en charge cet enfant avec des techniques innovantes ».
Le Pr Azzedine Mekki, chef de service de Pédiatrie au CHU Nefissa Hamoud ex Parnet, a pour sa part axé son intervention sur l’épilepsie de l’enfant, en rappelant la diversité des formes cliniques et l’importance d’une analyse rigoureuse des crises.
« Le diagnostic peut se faire uniquement parce qu’on a vu la crise et qu’on l’a bien analysée, c’est une étape très importante. Le diagnostic de l’épilepsie ne suffit pas, il faut toujours catégoriser le syndrome épileptique. Cela nous évite des examens complémentaires inutiles et permet de mieux orienter le traitement. Les épilepsies idiopathiques de l’enfant représentent 40 % de toutes les épilepsies de l’enfant et sont souvent bénignes et pharmaco sensibles. Cependant, 60% des épilepsies restantes sont souvent associées à des troubles de neuro-développement ».
Enfin, le Pr Abdelmadjid Tabti, Chef de service de pédopsychiatrie à l’EHS de Cheraga, a abordé la question de la schizophrénie précoce, insistant sur l’importance du repérage des signes dès l’enfance. «
Les tous premiers signes sont précoces et ils surviennent entre l’âge de 8 et 13 ans. C’est ce qu’on appelle la schizophrénie précoce. Le plus important pour nous, en tant que médecins c’est de faire de la prévention et diagnostiquer cette maladie le plus tôt possible. Il faut reconnaître les signes dès qu’ils commencent à se manifester pour débuter le traitement pour donner toutes les chances à cet enfant de ne pas développer d’autres signes vers l’âge de 18 ou 20 ans ».
Une idée consensuelle est revenue au terme des interventions : la prise en charge des troubles neurodéveloppementaux et psychiatriques de l’enfant repose sur une collaboration étroite entre les différentes spécialités. Une dynamique que les participants souhaitent inscrire dans la durée afin d’améliorer la précocité du diagnostic et la qualité de suivi des jeunes patients.
Hassina Amrouni