Le président de la Société Algérienne de Pédiatrie, Pr Abdellatif Bensennouci, juge que la décision de l’État de parrainer des enfants atteints de maladies rares de « décision historique et très importante, et elle est intervenue à un moment où nous en avions désespérément besoin » .
« Désormais la balle est dans le camp des médecins et des services sanitaires pour nous organiser, déterminer la qualité des maladies rares, diagnostiquer les maladies et déterminer la catégorie qui doit bénéficier de cet accompagnement », dit le professeur Bensennouci sur les ondes de Radio Sétif.
Le spécialiste affirme que pas moins 500 à 600 enfants sont touchés par ces maladies annuellement et que certaines maladies n’ont malheureusement pas de remède.
Pr Bensennouci estime que le taux de vaccination des enfants a malheureusement baissé dans notre pays à 60% en raison de l’épidémie, et il est tenu d’atteindre plus de 90%. Il rappelle, dans ce sillage, que la vaccination a été lancée gratuitement en juin 69 et obligatoire. Ce qui fait de l’Algérie une pionnière et a pu éliminer de nombreuses maladies.
Faisant la rétrospective de la lutte contre certaines maladies, le président de la SAP rappelle que la variole, la diphtérie et la poliomyélite, ont été éradiquéeset.
« Maintenant, le défi est d’éliminer la maladie de la rougeole connue sous le nom de Bouhamroun, qui est mortelle et dangereuse, et la vaccination fonctionne très bien pour l’immunité », dit Pr Bensennouci qui explique, entre temps, que la rougeole et le rachitisme allemands sont des maladies virales qui n’ont pas d’autre remède que la vaccination. « Nous, en tant qu’experts, en avons peur », révèle-t-il.
L’éminent pédiatre Algérien avertit : « La lutte contre la pandémie a contribué à réduire la propagation des maladies et des épidémies chez les enfants en raison de la distanciation et de la quarantaine, mais nous avons très peur du retour des maladies et des épidémies après le Covid, méfiez-vous, méfiez-vous » .
Revenant sur le sujet de la vaccination, Pr Bensennouci mentionne que le taux de vaccination est passé de 85% à 65% en raison de l’épidémie. « C’est un danger pour la santé de nos enfants et le retour des maladies et des épidémies, c’est pour ça qu’il faut désormais atteindre 95% pour assurer l’immunité collective », suggère-t-il.
L’expert dit l’Algérie enregistre un million de nouveau-nés par an qui suivent le calendrier de vaccination en continu, et il est très important de prendre la vaccination de manière obligatoire .
Les maladies qui inquiètent le monde médical, du point de vue du professeur, sont les maladies chroniques comme le diabète, les maladies cardiaques et les maladies du nouveau-né, d’où l’importance d’établir un programme dans toutes les wilayas.
L’autre défi qui attend le système de santé national est la mortalité infantile croissante. 20 décès pour mille chez les nouveau-nés, dont 15 décès pour mille la première année. C’est encore inquiétant même si le pays est passé de 150 pour mille à 20 pour mille ces dernières années grâce à la vaccination.
Pr Bensennouci explique que la Société Nationale de Pédiatrie travaille sur la prévention et le traitement, notamment en diagnostiquant le type de maladies rares et en comptant les patients.
Meriem Azoune