Pr Hazmoune du CHU Constantine : “ Les masques pour brûlés doivent être classés comme indemnisables”

La chirurgie plastique et prothétique est une spécialité peu connue des citoyens et même de beaucoup de médecins et paramédicaux. Dans tout le pays, seuls quatre services lui sont consacrés : le service du CHU de Constantine, celui du CHU de Douera, l’unité Pierre Chaulet d’Alger-centre et le service du CHU d’Oran.

Le professeur Zahia Hazmoune, spécialiste en chirurgie plastique et prothétique, brûlures et chirurgie plastique au CHU Ibn Badis à Constantine explique , dans une longue interview accordée à Radio Constantine, que la chirurgie plastique et prothétique concerne la face externe du corps et toutes les parties du cuir chevelu au pied.

Selon elle, Il y a trois catégories impliquées dans cette chirurgie. La part du lion revient à la chirurgie patch pour les déformations après brûlures, les accidents de la circulation, les accidents domestiques, les accidents du travail, ainsi que les déformations après chirurgie tumorale et les suites d’une radiothérapie intensive. « et ces patients sont nombreux », indique la professeure.
.
L’invitée de Radio Constantine révèle qu’en moyenne, 100 patients sont reçus par mois au service où elle exerce, et des milliers de patients s’y dirigent annuellement de toutes les wilayas de l’est algérien.

« Nous travaillons selon un programme bien étudié pour prendre en charge ce grand nombre de patients, selon l’état et l’urgence du patient » .

Pr Hazmoune fait savoir que le chirurgien plasticien réalise des opérations très complexes. Elle rappelle que les brûlures sont une difformité à vie. De ce fait, les spécialistes travaillent donc dans le sens de préparer psychologiquement le patient à accepter cette difformité.

Les techniques modernes et les nouvelles spécialités donnent des résultats satisfaisants dans le corps externe du blessé. Et plus le chirurgien intervient tôt, meilleurs seront les résultats, mais lorsque la chirurgie plastique est retardée, on obtient des résultats peu satisfaisants, ce qui complique la tâche du chirurgien.

« La chirurgie plastique et prothétique des grands brûlés demande une grande patience car le patient subit généralement plusieurs opérations », explique Pr Hazmoune.

Elle avertit que la prise en charge des brûlés nécessite l’intensification des efforts de la famille, de l’environnement et des médecins.

Parlant du service des brûlés du CHU de Constantine, Pr Hazmoune dit : « En 2002, il y avait une équipe médicale chinoise travaillant dans le service , et après son départ, seuls moi et un autre médecin étions restés , et actuellement le service a été soutenu par trois autres chirurgiens des médecins résidents, que nous avons formés » .

La professeure rassure qu’à travers la politique de formation permanente dans le service , on travaille à former un plus grand nombre de chirurgiens.

« L’étape d’habillage du patient et de mise des masques est une étape très importante après la convalescence. Mais Il y a un gros problème pour les patients dans l’obtention de ces masques. Il n’y a qu’un seul centre dans la capitale où les patients se rendent », alerte-elle .

Ces masques sont fabriqués avec des matériaux importés et sont très chers et accablent le patient sans compensation.

« Ces masques doivent être classés parmi les médicaments indemnisés par les assurances », plaide la spécialiste qui souligne que ces masques hydratent la peau, stabilisent les plaies et donnent une grande douceur à travers laquelle le résultat de la chirurgie apparaît.

La pandémie a impacté les dates des opérations, notamment l’année 2020. « Actuellement, les opérations se déroulent normalement et nous espérons que cette spécialité prendra son droit en Algérie », dit la spécialiste.

Nouhad Ourebzani

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accept Read More