Projet en retard et injonctions pour accélérer les travaux de réalisation de l’Institut national du cancer à Oran

 

Le chantier de réalisation de l’Institut national du cancer à Oran a fait l’objet d’une visite d’inspection conduite par M. Kaci Abdellah, directeur de la Santé et de la Population de la wilaya d’Oran. Cette sortie de terrain avait pour objectif d’évaluer l’état d’avancement des travaux et de vérifier le respect des engagements contractuels liés à ce projet stratégique pour le secteur de la santé.

L’Institut national du cancer est conçu comme un pôle sanitaire et scientifique intégré. Il regroupera un hôpital spécialisé dans la prise en charge des patients atteints de cancer, un institut dédié à la recherche médicale ainsi qu’un complexe chirurgical spécialisé. L’ambition affichée est d’assurer une prise en charge complète des malades, depuis le diagnostic et les analyses jusqu’aux interventions chirurgicales et aux traitements lourds, tout en renforçant les capacités nationales en matière de recherche oncologique.

Au cours de sa visite, M. Kaci Abdellah a parcouru les différents espaces du chantier en présence du représentant de l’entreprise de réalisation, du bureau d’études, des entrepreneurs chargés des différents lots ainsi que de la cheffe de projet. À l’issue de la visite, il a relevé plusieurs insuffisances et exprimé son insatisfaction face à la lenteur du rythme des travaux. Le directeur de la santé a ainsi donné des instructions fermes à l’entreprise en charge du projet pour non-respect des clauses contractuelles, appelant à un renforcement immédiat du chantier par des équipes qualifiées dans l’ensemble des spécialités nécessaires, afin d’accélérer l’exécution et de respecter les délais prévus.

Par ailleurs, le bureau d’études a été chargé d’élaborer un rapport détaillé et précis sur la situation du projet. Ce document devra présenter un état des lieux complet, incluant le taux réel d’avancement, les contraintes et obstacles rencontrés, ainsi que des propositions concrètes permettant de rattraper les retards accumulés et d’assurer une réception du projet dans de bonnes conditions.

Cette situation contraste avec les déclarations faites en juin dernier par l’ancien directeur de la Santé et de la Population de la wilaya d’Oran, qui avait annoncé à la presse nationale un taux d’avancement des travaux avoisinant les 80 %, avec une livraison prévue avant la fin de l’année et une mise en service effective au début de l’année 2026. Il avait également fait état d’une demande adressée au ministère de la Santé pour une réévaluation financière du projet, suite à certaines insuffisances techniques relevées, après consultation de spécialistes en chirurgie oncologique et de partenaires concernés.

À cette période, il avait été indiqué que les travaux connaissaient une évolution notable, notamment avec le lancement des procédures liées aux réseaux électriques, en raison des besoins importants en énergie des équipements lourds tels que les accélérateurs linéaires et les appareils d’imagerie par résonance magnétique. Il avait aussi été fait état du renforcement du parc de groupes électrogènes et de l’affectation d’une enveloppe financière estimée à 1,5 milliard de dinars pour l’acquisition d’équipements médicaux, dont les cahiers des charges étaient alors à l’étude au niveau du ministère.

Concernant la radiothérapie, le projet prévoit le renforcement de l’institut par trois accélérateurs linéaires modernes, dans le cadre du Fonds national de lutte contre le cancer. Les procédures d’acquisition ont déjà été engagées, avec une mise en service annoncée pour le premier trimestre de l’année 2026, sous réserve du respect des délais administratifs et techniques.

Une fois achevé, l’Institut national du cancer d’Oran sera le premier établissement de ce type en Algérie. Il comprendra un hôpital spécialisé, un institut de recherche, ainsi qu’un complexe chirurgical dédié aux cancers, doté de quatre blocs opératoires équipés selon les spécialités. Un espace spécifique sera également consacré à la recherche médicale, notamment à l’étude des causes de la propagation des différents types de cancers et à l’analyse de leurs caractéristiques, dans une optique d’amélioration continue des stratégies de prévention et de traitement.

Dans un contexte marqué par une demande croissante en soins oncologiques, ce projet est perçu comme un maillon essentiel du renforcement du système de santé national. Sa concrétisation effective reste toutefois tributaire d’une accélération réelle des travaux sur le terrain, condition indispensable pour répondre aux attentes des patients et des professionnels de la santé.

Nouhad Ourebzani