Invités de l’émission « Sahtek Bin Yeddik », le Dr Yacine Benkaci, spécialiste en médecine interne et le Dr Lynda Oumnia, médecin nutritionniste, ont livré des conseils complémentaires autour de la gestion du poids et de l’équilibre alimentaire durant le mois de Ramadhan. Leurs interventions convergent vers une même idée : le jeûne eut être une opportunité pour améliorer sa santé, à condition d’adopter des habitudes adaptées.
Le Dr Benkaci met d’emblée en garde contre les excès alimentaires souvent observés durant cette période jeûne. Selon lui, « nous avons tendance à faire des excès, ce qui n’est pas bon, car il existe une obésité dite +mémoire métabolique ou cellulaire+ déjà installée ». Le jeûne peut alors aggraver certains troubles digestifs, notamment la gastroparésie, caractérisée par un ralentissement de la vidange gastrique. « Normalement, l’estomac se vide au bout de 3h, mais chez certaines personnes, notamment, les diabétiques ou celles ayant des troubles thyroïdiens ou neurologiques, les aliments stagnent, provoquant nausées et douleurs abdominales, explique-t-il.
Pour limiter ces désagréments, le médecin insiste sur la nécessité de « fractionner les repas et éviter de se jeter brutalement sur la nourriture au moment de la rupture du jeûne ». Cette précipitation peut entraîner une hyperglycémie, suivie d’une chute du taux de sucre dans le sang, source de fatigue, de palpitations ou de sueurs. Il rappelle également l’importance de l’activité physique : « bouger permet de stimuler le transit et de préserver la masse musculaire, car lorsqu’on perd du muscle, la graisse le remplace ». Le sommeil constitue un autre pilier essentiel. La mélatonine, « hormone du sommeil libérée dans l’obscurité et lorsque l’estomac n’est pas plein », contribue à ralentir le vieillissement et à réguler certaines hormones liées au stress et à la prise de poids.
Dans la même logique de prévention, le Dr Benkaci évoque l’impact des sucres sur les réveils nocturne liés à la diurèse osmotique et souligne que « le pain, les pâtes, le riz ou les fritures favorisent la prise de poids ». A l’inverse, il encourage la consommation d’aliments bénéfiques pour le microbiote intestinal comme les pommes ou les produits lacto-fermentés. L’hydratation, la santé bucco-dentaire et la fertilité chez les jeunes femmes font également partie des points de vigilance abordés, lors de cette émission.
Lors de son passage dans un autre numéro de l’émission « Sahtek Bin Yeddik », le Dr Lynda Oumnia complète ces recommandations par une approche nutritionnelle pratique. « Si l’on se nourrit correctement pendant le Ramadhan, en respectant une alimentation équilibrée, on peut perdre du poids », affirme-t-elle. Elle préconise de rompre le jeûne avec « une datte et un verre d’eau, suivis d’une soupe légère comme la chorba ou la hrira, en limitant les matières grasses ». La salade, riche en fibres, doit ensuite permettre de « ralentir l’absorption du glucose », tandis que la consommation de pain et de fritures, notamment les boureks trop gras ou farcis au fromage, doit rester modérée.
La nutritionniste recommande également de marquer une pause après le premier repas : « sortir marcher ou aller aux Tarawih avant de revenir pour un second plat riche en légumes et pauvre en graisses ».
Pour le s’hor, la spécialiste privilégie un repas salé, protéiné et peu sucré. Enfin, elle met en garde contre la tachyphagie : « la leptine met 20 minutes à envoyer le signal de satiété au cerveau. Manger trop vite conduit donc à manger en excès ».
Au croisement des deux interventions, un fil conducteur se dégage : discipline alimentaire, activité physique, sommeil de qualité et alimentation consciente constituent les clés pour transformer le Ramadhan en véritable levier de santé et de bien-être.
Hassina Amrouni