Longtemps prescrits pour contrôler la glycémie chez les patients diabétiques, les inhibiteurs du SGLT2 pourraient bien cacher une autre propriété majeure : aider les reins à mieux se défendre contre les infections bactériennes.
C’est la conclusion surprenante d’une étude publiée dans la revue scientifique Kidney International, qui apporte un nouvel éclairage sur une question qui intrigue les médecins depuis plusieurs années. Alors que ces médicaments augmentent la présence de glucose dans les urines — un environnement théoriquement favorable aux bactéries — les chercheurs ont constaté que les infections rénales graves n’augmentaient pas chez les patients traités.
Pour comprendre ce paradoxe, une équipe internationale de chercheurs a étudié des patients souffrant d’infections urinaires ainsi que des modèles expérimentaux de pyélonéphrite, une infection sévère du rein. Les scientifiques ont découvert que les inhibiteurs du SGLT2 renforcent en réalité certaines défenses immunitaires rénales en réduisant l’activité d’une protéine du système immunitaire appelée C1q.
Cette protéine, impliquée dans la réponse inflammatoire, semble jouer un rôle ambigu. Lorsqu’elle est présente en excès, elle perturberait le recrutement des cellules immunitaires chargées de combattre les bactéries. En diminuant le taux de C1q, les médicaments permettraient donc au rein de conserver une réponse antibactérienne plus efficace.
Les chercheurs ont également identifié un autre mécanisme important : la réduction de C1q améliore la capacité des monocytes et des neutrophiles — deux catégories essentielles de cellules immunitaires — à migrer vers les zones infectées et à éliminer les bactéries.
Autre observation notable : l’analyse de données issues de la UK Biobank a montré que les personnes présentant naturellement des niveaux élevés de C1q développaient davantage d’infections urinaires que les autres participants.
Ces résultats pourraient modifier la perception des inhibiteurs du SGLT2, déjà largement utilisés dans le traitement du diabète de type 2 et de l’insuffisance rénale chronique. Depuis plusieurs années, ces médicaments suscitent un intérêt croissant pour leurs effets protecteurs sur le cœur et les reins, au-delà du simple contrôle du sucre sanguin.
L’étude originale, intitulée “Sodium glucose transporter 2 inhibition maintains kidney antibacterial response by decreasing complement C1q”, a été publiée en 2026 dans Kidney International. Les auteurs estiment que la protéine C1q pourrait désormais devenir une nouvelle cible thérapeutique, non seulement pour prévenir certaines infections rénales, mais aussi pour limiter les dommages inflammatoires chroniques du rein.
Ouiza Lataman