Le PDG du groupe pharmaceutique SAIDAL, Wassim Kouidri, dévoile lors d’une émission, la première depuis son installation, sa stratégie de relance de Saidal.
Le responsable de Saidal a indiqué que le groupe qui produisait, avant 2010, près de 370 médicaments destinés à diverses plages thérapeutiques s’est retrouvé à produire 75 médicaments sur les 130 enregistrés. Le plan de développement tracé en 2010 a même été presque abandonné et certains volets du plan ont même été repris par des entités privés à leur compte.
Wassim Kouidri a qualifié de surprenant que le complexe antibiotical de Médéa qui assurait 45 % du chiffre d’affaires de tout le groupe, qui produisait les antibiotiques et qui exportait la matière première vers l’Europe, ait bénéficié uniquement de 150 millions de dinars de l’ensemble de l’enveloppe financière allouée au développement du groupe estimée à 21 milliards de dinars. » Les 150 millions de dinars ont à peine servi à rénover la toiture du complexe », dit le PDG de Saidal.
Le PDG de SAIDAL dit avancer actuellement avec un plan de relance qui permettra au Groupe de retrouver sa place de leader d’ici la fin de l’année 2024. Au premier trimestre 2024, l’entreprise verra le bout du tunnel.
Les premières décisions déjà prises commencent déjà à donner les bourgeons, estime le patron de Saidal. Parmi ces décisions, on cite l’augmentation de salaires de 11 %. Mais l’augmentation conséquente des salaires interviendra une fois le plan de relance adopté commence à générer des bénéfices.
L’autre décision qui boostera l’activité du groupe est la décentralisation des centrales d’achat. Le PDG a opté pour cette décentralisation lors du dernier conseil d’administration tenu il y a 10 jours. Cette décision permettra aux 8 unités de Saidal de prendre l’initiative d’acquérir les intrants nécessaires à leurs chaines de production en fonction de leurs besoins sans attendre l’aval de l’administration centrale qui aura désormais l’unique tâche de contrôle.
L’objectif tracé pour le complexe antibiotical de Médéa est la reprise graduelle de sa part de marché légitime estimée à 45 milliards de dinars. La réalisation de 10 milliards de dinars de chiffre d’affaires d’ici le premier trimestre 2023 semble à portée de main si l’on se réfère aux assurances du PDG de Saidal. La nouvelle équipe de Saidal vise, dans un marché national estimé à 600 milliards de dinars, un chiffre d’affaires annuel global de 50 milliards de dinars pour la fin 2024 contre 14 milliards actuellement.
Les ambitions de Saidal sont grandes. Le groupe qui produit actuellement des biosimilaire en final finish avec des partenaires coréen et russe a exigé, sous peine de résilier les contrats, de passer vers le début de l’année 2024 au full process dans la production des biosimilaires avec les russes, et vers la fin de l’an 2024 pour les antimétatiques avec les Sud-Coréens. L’élargissement de la gamme des biosimilaires est aussi demandé aux partenaires.
L’autre point important dans la nouvelle stratégie de l’équipe dirigeante de Saidal est la révision à la hausse des prix de certains médicaments. Faute de comptabilité analytique, le groupe vend certains produits à perte et risque d’être accusé de dumping. Pour régler cette situation, une équipe d’experts est mise sur pied pour étudier ce volet. « La hausse des prix de médicaments qui sera adoptée veillera à concilier l’impératif commercial de générer des bénéfices et le devoir de fournir un produit prenant en considération le pouvoir d’achat des citoyens », rassure le PDG de Saidal.
Saidal est en train de développer 73 nouveaux médicaments et dispose d’un centre de recherche et développement qui fait un énorme travail. Dans trois mois, le groupe sera doté d’un centre de bioéquivalence qui ajoutera une plus-value à la société.
L’autre grande annonce faite par le PDG de Saidal est la mise en place, avant le 5 juillet prochain, d’un conseil scientifique composé d’éminents professeurs en médecine Algériens. Cette institution n’existe plus au sein de l’entreprise depuis des années.
Meriem Azoune