A l’occasion du standalone scientifique organisé à Alger par les Laboratoires Hikma, Esseha a rencontré plusieurs spécialistes en neurologie. Tous ont insisté sur un message central : si la sclérose en plaque demeure une maladie chronique, son évolution peut aujourd’hui être largement contrôlée grâce à un diagnostic précoce et à des stratégies thérapeutiques adaptées.
Président de la Multiple Sclerosis Algerian Union (MSAU), le Dr Slimane Birouk a rappelé que la sclérose en plaques « n’est pas une malade guérissable mais elle stabilisable ». Il explique que l’absence de traitement expose le patient à une évolution progressive vers un handicap sévère. « Si le malade n’est pas traité et qu’on laisse la maladie évoluer à son propre cours, le malade risque d’arriver à un handicap permanent, à savoir la chaise roulante », a-t-il souligné. A l’inverse, les données scientifiques sont aujourd’hui rassurantes : « Toutes les études menées à travers le monde, affirment que si on diagnostique rapidement et qu’on traite efficacement, le malade peut rester sans handicap et bénéficier d’un certain confort de vie ».
Pour le Pr Hecham Nassima, cheffe du service neurologie au CHU d’Oran, l’enjeu ne se limite plus au choix du traitement, mais à sa personnalisation. Spécialisée dans la sclérose en plaques, elle insiste sur la nécessité d’adapter la thérapeutique au profil de chaque patient. « Le profil du patient est très important pour décider d’une thérapeutique. Il faut personnaliser le traitement et faire participer le patient à ce choix », explique-t-elle. Cette démarche conditionne l’adhésion au traitement et son efficacité à long terme. « Lorsqu’un patient participe au choix du traitement, il va l’accepter et le prendre correctement », précise-t-elle, soulignant le rôle fondamental de la relation médecin-patient. A défaut, le risque est réel : « Lorsqu’il n’y a pas de continuité dans la prise du médicament, la maladie va évoluer », avec la possibilité de rater la « fenêtre thérapeutique », moment clé où le traitement est le plus efficace, exposant le patient à « un handicap moteur important ».
De son côté, le Pr Selma Kessraoui, cheffe du service de neurologie au CHU de Blida, a attiré l’attention sur l’évolution du profil épidémiologique de la maladie en Algérie. Longtemps considérée comme rare, la sclérose en plaques affiche aujourd’hui une prévalence en hausse. « Les études montrent que la maladie n’est pas aussi rare qu’on le pensait », affirme-t-elle. Autre changement notable : l’élargissement des tranches d’âges concernées. « On observe désormais des cas chez l’enfant et chez des sujets plus âgés », précise la spécialiste. Dans ce contexte, le diagnostic précoce devient déterminant, d’autant plus que « la sclérose en plaques n’est plus celle d’avant », grâce à l’émergence de nombreuses thérapeutiques innovantes. L’objectif selon le Pr Kessraoui est clair : « enrichir notre arsenal thérapeutique et qu’on puisse avoir accès à toutes les différentes classes thérapeutiques afin d’améliorer le pronostic de nos patients ».
Hassina Amrouni