Les nausées, vomissements, diarrhées et douleurs abdominales figurent parmi les effets secondaires les plus lourds des traitements anticancéreux. Longtemps, les solutions nutritionnelles standard — boissons ou poudres enrichies en nutriments — ont été présentées comme un appui précieux. Mais une étude récente nuance leur efficacité et propose de nouvelles orientations.
Une revue systématique et méta-analyse publiée dans la revue Advances in Nutrition par Brittany Loman et Zaina Alzoubi a analysé l’impact de diverses interventions nutritionnelles sur les symptômes gastro-intestinaux.
Les chercheurs constatent que les formules nutritionnelles complètes contribuent bien à maintenir un apport adéquat en vitamines, protéines et minéraux, mais elles n’atténuent pas les troubles digestifs. « Elles ne provoquent pas d’aggravation, mais n’apportent aucune amélioration non plus », résume Loman.
L’étude ouvre toutefois des perspectives encourageantes. Des compléments enrichis en gingembre ou en probiotiques pourraient constituer une alternative plus efficace, combinant apport nutritionnel et soulagement des symptômes. Ces hypothèses restent à confirmer par des essais cliniques, déjà envisagés par les auteurs.
Ces résultats invitent à dépasser les approches nutritionnelles standardisées pour envisager des solutions plus ciblées et personnalisées, adaptées aux effets secondaires spécifiques des patients en cours de traitement. Une stratégie qui pourrait, à terme, améliorer à la fois la qualité de vie et la tolérance aux thérapies anticancéreuses.
Nouhad Ourebzani