Syndrome de fatigue chronique : Notre microbiote pointé du doigt par deux nouvelles études

Loin d’être une maladie rare, on estime qu’une personne sur 600 à 1 sur 200 serait sujette à une encéphalomyélite chronique ou Syndrome de fatigue chronique notamment dans les pays industrialisés.

Les personnes souffrant de ce syndrome sont sujettes à une « fatigue extrêmement intense » parfois accompagnée d’autres symptômes comme des maux de tête ou de gorge, des douleurs musculaires ou encore des troubles du sommeil et de la mémoire.

Bien que les patients atteints de ce syndrome connaissent une réelle perturbation dans leur vie au quotidien, les spécialistes n’ont jusqu’à présent pas réussi à en trouver la cause exacte. On lui a attribué des causes infectieuses ou immunologiques mais sans aucune certitude. Toutefois, deux nouvelles études menées par des équipes scientifiques américaines laissent entrevoir une lueur d’espoir pour tous les milliers de personnes en souffrance.

Les chercheurs dont les études ont été publiées le 8 février 2023 dans les colonnes de la revue Cell Host & Microbe ont tenté d’établir un lien entre microbiote et Syndrome de fatigue chronique.

Les chercheurs du Jackson Laboratory qui ont comparé les données de deux panels de patients, le premier diagnostiqué dans les 4 dernières années et le second depuis plus d’une dizaine d’années, ont constaté que le premier groupe présente « un appauvrissement des microbes producteurs de butyrate -un métabolite fournissant jusqu’à 70 % de leurs besoins énergétiques, qui soutient le système immunitaire intestinal et protège contre les maladies du tube digestif », tandis que « le microbiote des patients atteints de longue date s’est rétabli ». Néanmoins, des symptômes associés persistants sont signalés, à savoir notamment des troubles du sommeil ainsi qu’une fibromyalgie.

La seconde étude menée par une équipe de l’université de Columbia a, quant à elle, montré une corrélation entre les symptômes de fatigue et les faibles niveaux de certaines espèces de bactéries intestinales, à savoir le butyrate, dont le rôle est essentiel dans la « modulation du système immunitaire ».

Selon Brent L. Williams, de l’Université de Columbia : « Bien que ces résultats ne démontrent pas sans équivoque les relations de cause à effet entre les perturbations du microbiote et les symptômes, ces relations microbiome-symptôme présentent des cibles potentiellement exploitables et manipulables pour de futurs essais thérapeutiques ».

Synthèse Hassina Amrouni