Les résultats d’une étude internationale de phase 3 menée chez des patients atteints de cancer du poumon de type « non à petites cellules » localisés et opérables donc non métastatiques (aucune cellule cancéreuse n’a migré hors du poumon), ont été divulgués, hier lundi, lors d’une séance plénière d’un congrès médical international de cancérologie (l’AACR), à la Nouvelle-Orléans.
Le point phare de l’exposé de l’étude et de ses résultats est ce traitement associant immunothérapie et chimiothérapie qui montre une efficacité prometteuse contre les cancers du poumon non métastatiques opérables. « C’est une innovation majeure, avec des médicaments connus, déjà utilisés par les oncologues », s’enthousiasme le Pr Nicolas Girard, oncologue et pneumologue à l’Institut Curie, qui a mené cette recherche.
Preuve de son intérêt thérapeutique pour les patients, ce traitement a d’ores et déjà été approuvé par l’Agence du médicament américaine, la FDA suite aux bons résultats obtenus par l’étude de phase 3 (CheckMate-816) menée depuis 2017 par les équipes de l’Institut Curie auprès de 358 patients, rapporte un média français spécialisé.
D’après les conclusions de l’étude dont l’essentiel est publié dans la revue médicale New England Journal of Medicine, lorsqu’il est administré avant la chirurgie, le traitement associant immunothérapies et chimiothérapie réduit de 37% le risque de récidive de la maladie. La survie des patients est de plus améliorée, avec une réduction du risque de décès de 43%.
Pour 24 % des patients ayant reçu cette nouvelle association thérapeutique, on n’observe plus aucune trace de cellules cancéreuses dans les tissus prélevés lors de l’intervention chirurgicale – contre seulement pour 2 % des patients ayant reçu une chimiothérapie seule.
Les données de survie globale sont prometteuses puisqu’à deux ans, 83 % des patients traités par l’association d’immunothérapie et chimiothérapie avant la chirurgie étaient en vie, contre 71 % pour la chimiothérapie seule.
Administré en trois cures avant la chirurgie, le traitement est bien toléré par les patients et les effets secondaires sont réduits. « En réduisant la taille de la tumeur, il facilite l’acte chirurgical donc diminue le risque de complications post-opératoires », précise le Pr Girard.
Ali Djaber