Une nouvelle étude clinique, publiée en juillet 2025 dans la revue JAMA Neurology, révèle qu’un médicament largement utilisé depuis des décennies pour traiter les affections respiratoires pourrait jouer un rôle inattendu dans la lutte contre la démence associée à la maladie de Parkinson. Conduite au Canada par le Lawson Health Research Institute, l’étude a porté sur 55 patients atteints de démence parkinsonienne, suivis pendant un an dans le cadre d’un essai de phase 2.
Les participants ont été répartis en deux groupes : l’un recevant un placebo, l’autre une dose quotidienne de ce traitement déjà bien connu pour son usage en pneumologie. À l’issue des douze mois, les chercheurs ont observé que les patients sous placebo présentaient une aggravation de leurs symptômes neuropsychiatriques, tandis que ceux traités avec la molécule en question affichaient une stabilité clinique notable. Ce bénéfice s’est également reflété dans les biomarqueurs : les taux sanguins de GFAP, une protéine indiquant une lésion cérébrale, ont augmenté dans le groupe placebo, mais sont restés stables chez les patients ayant reçu le traitement actif.
Des signes positifs ont également été relevés chez les patients porteurs de mutations du gène GBA1, connu pour accroître le risque de Parkinson avec démence. Chez eux, une légère amélioration des fonctions cognitives a été enregistrée, ce qui laisse entrevoir un effet neuroprotecteur plus ciblé.
Côté sécurité, le traitement a été bien toléré, sans effets secondaires graves rapportés. Seuls quelques troubles digestifs légers ont été mentionnés, confirmant le bon profil de tolérance de cette molécule déjà largement utilisée dans d’autres indications.
Les chercheurs rappellent toutefois que ces résultats, bien que prometteurs, doivent être confirmés dans des essais de plus grande envergure, avec un nombre de participants plus élevé et un suivi plus long. Un nouvel essai, cette fois centré exclusivement sur les fonctions cognitives, est d’ores et déjà en préparation.
Cette étude s’inscrit dans une tendance croissante à reconsidérer l’usage de médicaments existants dans des domaines thérapeutiques inattendus. Si les résultats se confirment, ce traitement pourrait marquer une avancée majeure dans la prise en charge d’une complication redoutée de la maladie de Parkinson, pour laquelle les options restent aujourd’hui très limitées.
Nouhad Ourebzani