Des chercheurs viennent de franchir une étape clé dans la compréhension et le traitement du glaucome, une maladie oculaire pouvant entraîner la cécité. Leur étude, publiée dans PNAS Nexus, met en lumière une approche innovante basée sur l’utilisation d’anticorps pour éliminer les agrégats toxiques d’une protéine appelée myociline, impliquée dans le développement de la maladie.
La myociline est une protéine présente dans l’œil et impliquée dans la régulation de la pression intraoculaire. Toutefois, certaines mutations affectant son domaine olfactomedin (OLF) entraînent son agrégation dans le réticulum endoplasmique (RE) des cellules du trabéculum. Ce phénomène provoque un stress cellulaire et une augmentation de la pression intraoculaire, des facteurs majeurs du glaucome. Jusqu’à présent, aucune thérapie ne permettait d’éliminer ces agrégats de manière ciblée.
Les chercheurs ont mis au point deux anticorps recombinants spécifiquement conçus pour cibler la myociline mutée. Le premier reconnaît une séquence linéaire précise de la protéine, tandis que le second se lie à sa structure correctement repliée et empêche son agrégation. En favorisant la dégradation des agrégats par le système autophagique-lysosomal, ces anticorps réduisent ainsi le stress du réticulum endoplasmique et les dommages cellulaires associés.
Cette avancée ouvre la voie à une nouvelle approche thérapeutique pour le glaucome d’origine génétique, en ciblant directement les mécanismes moléculaires responsables de la maladie. Plus largement, ces travaux suggèrent que l’activation de la dégradation lysosomale pourrait être une stratégie prometteuse pour d’autres pathologies impliquant des agrégats protéiques, notamment certaines maladies neurodégénératives.
Si ces résultats se confirment à travers des études cliniques, ils pourraient révolutionner la prise en charge du glaucome et offrir une alternative aux traitements actuels, souvent limités à la gestion des symptômes sans agir sur la cause sous-jacente de la maladie.
Nouhad Ourebzani