Une supplémentation en vitamine D pourrait-elle devenir un allié discret mais efficace dans la quête de perte de poids et d’optimisation de la masse musculaire ? Une étude récente, menée par l’Université fédérale de São Paulo au Brésil, apporte des éléments de réponse intrigants, mettant en lumière le rôle potentiel de cette vitamine souvent reléguée à la santé osseuse.
L’étude, publiée dans la revue Obesity Medicine, a porté sur 72 femmes âgées de 50 à 65 ans, toutes en situation de surpoids ou d’obésité, mais par ailleurs en bonne santé. Pendant six mois, les participantes ont suivi un programme nutritionnel basé sur une réduction modérée des calories. La moitié d’entre elles recevait également une supplémentation quotidienne de 1 000 UI (unités internationales) de vitamine D3.
Les résultats sont sans ambiguïté : le groupe supplémenté a non seulement perdu plus de masse grasse que le groupe témoin, mais a aussi présenté une meilleure préservation – voire une légère amélioration – de la masse musculaire. Un constat qui résonne particulièrement à un âge où la fonte musculaire est une réalité physiologique.
Si la vitamine D est surtout connue pour son rôle dans la santé osseuse et l’immunité, les chercheurs rappellent qu’elle intervient aussi dans le métabolisme énergétique et la sensibilité à l’insuline. « Ce que nous observons ici, c’est peut-être une meilleure distribution des nutriments, un métabolisme plus efficient, favorisé par la correction d’une carence latente en vitamine D », explique le Dr Amália Lisboa, endocrinologue et co-autrice de l’étude.
Les mécanismes exacts restent encore à élucider, mais plusieurs pistes sont évoquées : une amélioration du fonctionnement mitochondrial, une réduction de l’inflammation chronique de bas grade, et une influence sur les récepteurs musculaires.
La carence en vitamine D touche une part significative de la population mondiale, en particulier les femmes ménopausées, les personnes à la peau foncée, ou celles vivant dans des zones peu ensoleillées. Cette étude vient donc rappeler, au-delà du seul objectif de minceur, l’importance d’un statut vitaminique optimal.
Faut-il pour autant se précipiter sur les compléments alimentaires ? Les experts appellent à la prudence. « La vitamine D n’est pas une solution miracle, mais un levier à considérer dans une approche globale, associant alimentation équilibrée, activité physique et suivi médical », insiste le Dr Lisboa.
Alors que les recherches se multiplient sur les interactions entre micronutriments et métabolisme, cette étude ouvre la voie à une éventuelle révision des recommandations nutritionnelles, notamment pour les populations à risque.
Un simple geste quotidien, une capsule de vitamine D, pourrait-elle devenir un outil de prévention contre l’obésité et la sarcopénie ? Si les résultats restent à confirmer à plus grande échelle, le lien entre soleil, santé métabolique et longévité semble, lui, de plus en plus éclairé.
Ouiza Lataman