Vaccin contre le zona : un nouvel espoir dans la prévention de la démence ?

Une étude de grande ampleur publiée dans la prestigieuse revue Nature relance le débat sur le lien entre infections virales et déclin cognitif. Les chercheurs y révèlent qu’un simple vaccin contre le zona pourrait réduire de manière significative le risque de développer une démence.

L’étude s’appuie sur une situation inédite au Pays de Galles : en 2013, les autorités sanitaires ont lancé une campagne de vaccination ciblée contre le zona, réservée aux personnes âgées de 79 ans, excluant celles de 80 ans et plus pour des raisons logistiques. Ce découpage arbitraire a permis aux chercheurs de comparer deux groupes très similaires, dont seul l’accès au vaccin différait.

Les données de santé de plus de 280 000 patients ont été passées au crible. Verdict : les personnes vaccinées à 79 ans présentaient un risque de démence inférieur de 20 % au cours des sept années suivantes par rapport à celles non vaccinées.

L’effet protecteur observé était particulièrement notable chez les femmes, un constat qui soulève de nouvelles questions sur les différences biologiques et immunitaires entre les sexes face aux maladies neurodégénératives. Cette piste devra toutefois être explorée davantage.

Ces résultats viennent appuyer une hypothèse de plus en plus discutée dans la communauté scientifique : certaines infections virales pourraient jouer un rôle déclencheur dans les processus menant à la démence, notamment via des mécanismes inflammatoires. Le virus varicelle-zona, responsable du zona, est connu pour rester latent dans l’organisme pendant des décennies, avec des réactivations susceptibles d’affecter le système nerveux.

Le vaccin, en stimulant la réponse immunitaire, pourrait ainsi indirectement protéger le cerveau contre ces effets délétères. Mais les auteurs appellent à la prudence : seule une étude randomisée pourrait confirmer formellement ce lien de causalité.

Alors que le nombre de personnes atteintes de démence ne cesse d’augmenter à travers le monde, cette découverte pourrait ouvrir une voie prometteuse pour la prévention. En attendant des confirmations, elle renforce l’intérêt des politiques de vaccination, y compris au grand âge, non seulement pour prévenir des maladies infectieuses, mais potentiellement aussi pour retarder l’apparition de troubles cognitifs majeurs.
Nouhad Ourebzani