Chaque 15 juin, le monde célèbre la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées. Une date qui ne doit pas être perçue uniquement comme un moment de sensibilisation, mais aussi comme une occasion de réflexion sur la place que nos sociétés accordent à celles et ceux qui ont consacré leur vie à bâtir le présent.
La maltraitance des personnes âgées ne se résume pas aux violences physiques. Elle peut prendre des formes plus discrètes : négligence, isolement, abandon, privation de soins ou encore atteinte à la dignité. Dans de nombreux cas, l’exclusion de l’accès aux services essentiels constitue elle-même une forme de maltraitance.
Le droit à la santé figure parmi les droits fondamentaux de cette catégorie de citoyens. Les personnes âgées doivent pouvoir bénéficier d’un accès équitable aux soins de santé, aux consultations spécialisées, aux médicaments et aux structures de prise en charge adaptées à leurs besoins. Avec l’allongement de l’espérance de vie, les maladies chroniques, les troubles neurodégénératifs et les situations de dépendance deviennent des enjeux majeurs de santé publique.
Au-delà des soins médicaux, la prise en charge psychologique représente un impératif souvent sous-estimé. La solitude, la perte d’autonomie, le deuil ou encore le sentiment d’inutilité peuvent fragiliser de nombreuses personnes âgées. Leur offrir une écoute, un accompagnement psychologique et des espaces de socialisation contribue directement à préserver leur bien-être et leur qualité de vie.
En Algérie, cette journée constitue également une opportunité pour relancer le débat sur le développement de la gériatrie. Le vieillissement progressif de la population impose dès aujourd’hui une vision à long terme. Cela passe par la formation de davantage de spécialistes en gériatrie, le renforcement des services hospitaliers dédiés, la création d’unités de soins adaptées et le développement de structures d’accueil répondant aux besoins spécifiques des personnes âgées.
Il s’agit aussi de promouvoir une approche globale où les dimensions médicale, psychologique et sociale sont prises en compte de manière complémentaire. Car bien vieillir ne dépend pas uniquement des traitements reçus, mais aussi de l’environnement humain et institutionnel qui entoure la personne.
La manière dont une société traite ses aînés est souvent le reflet de ses valeurs les plus profondes. En cette Journée mondiale contre la maltraitance des personnes âgées, le message est clair : protéger les seniors, garantir leurs droits et améliorer leur prise en charge ne relève pas seulement de la solidarité, mais d’une responsabilité collective et d’un choix de civilisation.
Nouhad Ourebzani