Le service d’hépato-gastroentérologie du CHU de Tizi-Ouzou a organisé sa première journée scientifique consacrée aux pathologies digestives et hépatiques. Une rencontre marquée par des échanges autour des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, des hépatites virales, des anémies ou encore du cancer colorectal, avec un même mot d’ordre : améliorer le diagnostic précoce et renforcer la prévention.
Pr Dalila Tagzout, chef de service d’hépato-gastroentérologie au CHU de Tizi-Ouzou, cette première édition répond à un besoin réel de mise à jour des pratiques médicales face à des maladies de plus en plus fréquentes. « Nous avons abordé plusieurs thématiques, notamment les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, leur prise en charge diagnostique et chirurgicale. Ce sont des maladies qui touchent de plus en plus le sujet jeune et qui sont très invalidantes », a-t-elle expliqué sur Esseha.
La spécialiste a également insisté sur l’importance d’une bonne prise en charge des anémies, thème de la première session scientifique. « Une anémie, c’est à explorer, ce n’est pas à traiter directement », a-t-elle rappelé, soulignant la nécessité de rechercher systématiquement la cause avant d’entamer un traitement.
Une large place a été consacrée au cancer colorectal, présenté comme un enjeu majeur de santé publique. « C’est un cancer très agressif et de plus en plus fréquent. Réséquer les polypes, les diagnostiquer et mettre en place les étapes de prévention et de dépistage permettrait d’éviter d’arriver au cancer colorectal », a indiqué le Pr Tagzout, mettant en avant l’intérêt du dépistage précoce pour améliorer à la fois la prise en charge des patients et les coûts liés aux traitements lourds.
Les débats au cours de cette journée ont également porté sur les hépatites virales et la stéatose hépatique, une maladie métabolique en forte progression. « Avec l’augmentation du diabète, de l’hypertension artérielle et de l’obésité, cette pathologie devient de plus en plus fréquente », a-t-elle précisé.
De son côté, le Dr Karim Layaida, gastro-entérologue à Alger, a présenté deux communications. La première concernait l’anémie par carence martiale, « la carence la plus fréquente ». Il a rappelé que « la chose la plus importante sur le plan pratique, c’est de rechercher la cause de cette anémie », qu’elle soit gynécologique, urologique ou digestive.
Le praticien a particulièrement alerté sur le lien entre anémie par carence martiale et cancer colorectal. « Il ne faut surtout pas passer à côté d’un cancer colorectal du côlon droit, dont l’anémie par carence martiale est souvent révélatrice », at-il averti, plaidant pour un recours plus systémique à l’endoscopie digestive haute et basse.
Abordant ensuite le dépistage du cancer colorectal, le Dr Layaida a rappelé que cette maladie est aujourd’hui « le deuxième cancer chez l’homme en Algérie ». Selon lui, la coloscopie réalisée précocement permet « la guérison du cancer par la chirurgie seule dans 95 % des cas », sans recours à la chimiothérapie. Il a aussi insisté sur l’intérêt du dépistage de masse chez les personnes de plus de45-50 ans, à travers le test immunologique FIT, destiné à rechercher du sang dans les selles avant d’orienter, si nécessaire, vers une coloscopie.
Il a également insisté sur l’intérêt du dépistage de masse chez les personnes de plus de 45 ou 50 ans à travers le test immunologique FIT (Fecal Immunochemical Test) destiné à rechercher du sang dans les selles avant d’orienter, si nécessaire, vers une coloscopie.
Hassina Amrouni