FMC au CHU Mustapha: Le Pr Rabahi alerte sur les causes de l’infertilité masculine

En marge d’une journée de formation médicale continue consacrée à l’infertilité masculine, organisée par le service d’urologie du CHU Mustapha, le Pr Fouad RABAHI, chef de Service, a souligné l’importance de sensibiliser les médecins généralistes et le grand public à une pathologie encore mal connue, mais souvent source de souffrance au sein du couple.
« Nous avons organisé une journée autour d’un thème majeur : l’infertilité masculine, pour éclairer les médecins généralistes et toutes personnes intéressées sur cette maladie plus ou moins fréquente et qui peut déstabiliser le couple », a-t-il déclaré au micro d’Esseha.
Le spécialiste rappelle que l’infertilité ne concerne pas uniquement la femme. « L’infertilité masculine représente 30 %, l’infertilité féminine 30 %, tandis que les formes mixtes atteignent aussi 30 %. Dans les 10 % restants, l’origine demeure inconnue », explique-t-il, précisant que malgré les avancées scientifiques, certaines causes échappent encore à la médecine.
Parmi les principales causes de l’infertilité chez l’homme figure la varicocèle, une dilatation des veines du cordon spermatique. « La cause majeure de l’infertilité masculine, c’est la varicocèle. Mais il ne faut pas s’en inquiéter : 20 % de la population présentent une varicocèle et elles n’entraînent pas toutes une infertilité », nuance le Pr Rabahi. Selon lui, seules « 25 à 30 % de ces varicocèles peuvent avoir un retentissement sur la qualité du spermogramme ». Dans certains cas, provoquent également « une pesanteur ou une douleur parfois lancinante » justifiant alors un recours au traitement chirurgical.
Le professeur évoque également d’autres facteurs à l’origine de l’infertilité masculine notamment les pathologies congénitales, certaines malformations anatomiques ou encore des causes acquises liées au mode de vie.
Interrogé sur les effets du tabac, il se montre catégorique : « Le tabac, oui, parce qu’il génère un stress oxydatif, des déchets et des toxines. Il faut savoir qu’il continent plus de 4000 substances toxiques qui sont gonadotoxiques pour les testicules ». Il alerte sur « l’alimentation moderne, très riche en sucre et en graisse animale », ainsi que les perturbateurs endocriniens, susceptibles d’altérer la qualité du spermogramme.
Concernant la prise en charge, le Pr Rabahi insiste sur les nombreuses options thérapeutiques aujourd’hui disponibles. « Il existe le traitement microchirurgical de la varicocèle, mais aussi l’embolisation pratiquée par les radiologues, avec des résultats encourageants ». Dans les situations plus complexes, notamment en cas d’azoospermie, des biopsies testiculaires ou une micro-TESE peuvent être réalisées afin de rechercher des spermatozoïdes. « Et dans les cas extrêmes, on peut recourir à la fécondation in vitro, voire à l’ICSI (Injection intracytoplasmique de spermatozoïde). Donc, il y a toujours une solution », conclut le spécialiste.
Hassina Amrouni