Le Laboratoire Pharmalliance a réuni, à l’occasion de son rendez-vous scientifique annuel GUT DAY, des spécialistes de renom autour de problématiques majeures de la gastroentérologie et de l’hépatologie. Structurée en deux sessions consacrées respectivement à la MASH et aux lésions pré-néoplasiques gastriques, puis au reflux gastro-oesophagien (RGO) et à l’infection à Helicobacter pylori, cette journée a mis en lumière les évolutions récentes de la prise en charge et de la prévention des maladies digestives.
Parmi les thèmes phares abordés, la MASH (stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique) s’impose aujourd’hui comme un véritable défi de santé publique.
Le Pr Christophe MORENO, chef de service de gastro-entérologie, hépatopancréatologie, endoscopie et oncologie digestive à l’Hôpital Universitaire de Bruxelles, a rappelé l’ampleur croissante de cette pathologie. « La prévalence de cette maladie augmente, elle est probablement de 30 % dans la population mondiale et aucun pays n’échappe à ce problème », a-t-il souligné au micro d’Esseha.
L’expert a insisté sur la nécessité d’adopter une vision globale du patient. « Ces malades ont une maladie hépatique mais ils ont surtout une dysfonction métabolique », a-t-il expliqué, rappelant que le diabète, l’hypertension artérielle et l’obésité constituent souvent des menaces plus immédiates que l’atteinte hépatique elle-même. Il a également mis en avant l’importance des méthodes non invasives d’évaluation de la fibrose hépatique afin d’identifier précocement les patients à risque de complications sévères et de les intégrer aux programmes de dépistage du carcinome hépatocellulaire. Concernant le traitement, il a rappelé que « la pierre angulaire, ça reste la perte de poids », tout en évoquant l’arrivée de nouvelles options thérapeutiques destinées à améliorer à la fois la santé métabolique et l’atteinte hépatique.
La prévention du cancer gastrique a constitué l’autre temps fort de cette première session. Le Pr Ahmed Salah, gastroentérologue libéral a centré son intervention sur le repérage des lésions prédisposant au cancer de l’estomac. Selon lui, les gastro-entérologues doivent redoubler de vigilance lors des endoscopies digestives hautes afin de détecter les anomalies précancéreuses et d’assurer un suivi rigoureux des patients.
« Nous avons en Algérie, comme ailleurs en Afrique ou en Europe, une forte prévalence de l’infection à Helicobacter pylori qui est le plus grand facteur de risque du cancer gastrique », a-t-il rappelé dans son intervention sur le canal Esseha. Cette infection peut entraîner une gastrite chronique puis des transformations de la muqueuse gastrique, notamment la métaplasie et la dysplasie, considérées comme des étapes précédant l’apparition du cancer. L’objectif est donc clair : « trouver des lésions qu’o peut traiter avant qu’elles ne deviennent un cancer ». Le spécialiste a également présenté les recommandations les plus récentes en matière d’endoscopie digestive de haute qualité, intégrant notamment les techniques de coloration virtuelle pour améliorer la détection des lésions.
La deuxième session a été consacrée au reflux gastro-oesophagien et à Helicobacter pylori. Sur ce dernier sujet, le Dr Ruffin NTOUNDA, spécialiste en gastro-entérologie en Belgique et chef de service au sein du CHRSM (Centre Hospitalier Régional Sambre et Meuse) a rappelé que cette infection demeure particulièrement fréquente en Afrique et en Algérie. « C’est une bactérie qui est à l’origine du cancer de l’estomac et donc il faut dépister les lésions précancéreuses dans l’évolution et surveiller ces patients », a-t-il affirmé.
L’expert a également attiré l’attention sur la progression des résistances aux antibiotiques, qui oblige les praticiens à adapter leurs stratégies thérapeutiques. « Les taux de résistance sont assez élevés, donc nous sommes obligés de changer de paradigmes », a-t-il expliqué. Malgré ces difficultés, l’objectif demeure inchangé : obtenir une éradication efficace de la bactérie et vérifier systématiquement le succès du traitement grâce aux tests de contrôle appropriés.
Hassina Amrouni