A l’occasion de la Journée mondiale de l’asthme, célébrée le 5 mai de chaque année, la Société Algérienne de Pneumologie a organisé une rencontre scientifique sous le thème : « Accès aux inhalateurs anti-inflammatoires pour tous les asthmatiques : Un impératif pour un contrôle optimal de la maladie ». Tenue au CHU de Beni-Messous, cette journée a réuni spécialistes, industriels et représentants de la société civile, autour d’un objectif commun : améliorer la prise en charge de cette maladie chronique.
Pneumologues, réanimateurs, cardiologues et autres praticiens ont croisé leurs expertises pour actualiser leurs connaissances et interroger leurs pratiques. « Cette journée a permis des échanges très riches (…) et de nous interroger sur notre pratique quotidienne afin d’améliorer la prise en charge de nos patients », a souligné sur le canal Esseha, le Dr Imene Touari, maître-assistante en pneumo-phtisiologie. Elle rappelle que les recommandations récentes sont claires : il ne faut pas utiliser les bronchodilatateurs seuls mais toujours les associer aux anti-inflammatoires », au risque sinon d’aggraver les crises et d’augmenter les passages aux urgences.
Au-delà de l’aspect clinique, la question de l’asthme comme problème de santé publique s’est imposée. « Des millions d’Algériens sont touchés par cette maladie (…) avec un impact sur leur qualité de vie et parfois leur pronostic vital », a indiqué le Dr Dalel Ouhib Tolba, directrice médicale ce Biogenal Pharma. Elle insiste sur l’engagement du laboratoire à proposer « des solutions thérapeutiques conformes aux normes internationales et aux exigences et à la rigueur des autorités de santé algériennes », avec le développement de traitements combinant corticoïdes et bronchodilatateurs, adaptés aux besoins des professionnels de santé et des malades algériens.
Pour le Pr Rachida Khellafi, cheffe de service au CHU de Beni-Messous, le constat est à la fois préoccupant et porteur d’espoir : « L’asthme est une maladie en augmentation (…) mais nous disposons aujourd’hui de tous les moyens pour la diagnostiquer et la traiter ». Elle rappelle que les corticoïdes inhalés restent la base du traitement, complétés par d’autres options, y compris les biothérapies pour les formes sévères. »Quand un patient est bien pris en charge, il peut mener une vie tout à fait normale », insiste-t-elle.
La gravité des exacerbations sévères a également été abordée. Le Pr Nassima Maache, du service réanimation, alerte sur ces situations rares mais critiques : « l’asthme sévère c’est une pathologie grave qui risque d’emporter le patient ». Elle insiste sur l’importance de l’adhésion du patient au traitement de fond et du suivi régulier pour éviter les complications. « Si le patient ne répond pas au traitement primaire et présente des signes d’aggravation, nous devons procéder à une ventilation artificielle et à l’intubation ». précise-t-elle.
D’autres spécialités sont également concernées et des spécialistes ont apporté des éclairages pertinents quant à la prise en charge de certaines complications liées à cette pathologie. Le cardiologue interventionnel, le Dr Mohamed Amine Bouzid, a évoqué les précautions nécessaires lors d’actes invasifs chez les patients asthmatiques : « On parle aujourd’hui d’hypersensibilité au produit de contraste (…) et non d’allergie à l’iode », explique-t-il, tout en rassurant sur la rareté des complications.
Du côté des patients, les attentes restent fortes. « L’accès aux consultations est assuré mais des insuffisances persistent pour l’accès aux traitements, surtout pour les plus démunis », déplore Rachid Saadaoui, Président de l’Association algérienne de solidarité aux malades respiratoires, appelant les autorités à plus d’équité.
Enfin, pour les étudiants présents, l’événement a aussi été une opportunité d’apprentissage auprès « Avoir accès à ces conférences est exceptionnel, car nous avons pu assister à des conférences présentées par d’éminents professeurs avec des années d’expérience et une expertise précise », confie Thanina Kassel, étudiante en médecine.
Hassina Amrouni