Journée mondiale de prévention de la noyade 2026 : l’OMS mobilise le monde pour « inverser la tendance »

 

À l’occasion de la Journée mondiale de prévention de la noyade, célébrée le 25 juillet, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) lance un appel à une mobilisation collective pour réduire un fléau qui continue de coûter la vie à plus de 300 000 personnes chaque année. Placée sous le thème « S’unir pour inverser la tendance », l’édition 2026 met l’accent sur la responsabilité partagée des gouvernements, des communautés et des citoyens pour prévenir des décès largement évitables.

Selon l’OMS, la noyade provoque en moyenne 30 décès chaque heure dans le monde. Près d’un quart des victimes sont des enfants de moins de cinq ans, tandis que la noyade figure parmi les dix principales causes de décès chez les enfants âgés de 5 à 14 ans. Plus de 90 % des décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, principalement dans les rivières, les lacs, les puits, les réservoirs d’eau domestiques et les piscines, les enfants et les adolescents vivant en milieu rural étant les plus exposés.

À travers sa nouvelle Stratégie mondiale de prévention de la noyade, l’OMS fixe un objectif ambitieux : réduire de 35 % le nombre de noyades d’ici 2035. Pour y parvenir, l’organisation appelle à une coopération entre les secteurs de la santé, de l’éducation, de la protection civile, de l’urbanisme et des collectivités locales afin de mettre en œuvre des mesures de prévention éprouvées.

L’OMS souligne que les solutions sont connues et accessibles. Elles passent notamment par la surveillance constante des enfants à proximité de l’eau, l’apprentissage de la natation et des règles de sécurité aquatique, la formation aux gestes de premiers secours et à la réanimation cardio-pulmonaire (RCP), l’installation de barrières de protection autour des piscines et des points d’eau, ainsi que le renforcement des systèmes d’alerte aux inondations et de la sécurité des travailleurs exerçant près des milieux aquatiques.

Pour illustrer l’efficacité de ces approches, l’OMS met en avant l’exemple de la Thaïlande. Face à une mortalité élevée chez les enfants, le pays a mobilisé les communautés en cartographiant les zones à risque, en développant l’apprentissage de la natation, en formant les familles à la RCP et en créant plus de 5 000 équipes communautaires de prévention. Entre 2006 et 2022, les décès par noyade chez les enfants y ont diminué de 57 %, démontrant qu’une succession d’actions locales peut produire un impact majeur.

L’OMS rappelle également que les effets du changement climatique, notamment l’augmentation des vagues de chaleur, des inondations et des phénomènes météorologiques extrêmes, accentuent les risques de noyade dans de nombreuses régions du monde. L’organisation estime qu’il est désormais indispensable d’intégrer la prévention de la noyade aux politiques de santé publique, de gestion des catastrophes et d’adaptation climatique.

Instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2021 et coordonnée par l’OMS, la Journée mondiale de prévention de la noyade rappelle que des progrès ont déjà été accomplis, avec une baisse mondiale de 38 % du taux de noyade depuis 2000. Toutefois, l’organisation insiste sur le fait que des milliers de vies pourraient encore être sauvées chaque année grâce à des actions coordonnées. Son message est sans équivoque : chaque vie compte, chaque action compte et chacun a un rôle à jouer pour inverser durablement la tendance.

Nouhad Ourebzani