Le vertige postural-perceptif persistant est un état clinique caractérisé par la présence quasi constante d’une instabilité la plupart des jours pendant au moins trois mois consécutifs. L’apparition des symptômes fait souvent suite à des pathologies vestibulaires aiguës (VPPB, névrite vestibulaire, etc.)
Bien que les spécialistes ne disposent pas de statistiques sur les personnes atteintes d’étourdissements posturaux perceptifs persistants, certaines études estiment qu’une personne sur quatre souffre d’un problème vestibulaire tel que la neuronite vestibulaire pourrait développer un PPPD.
Selon les spécialistes, la névrite (ou neuronite) vestibulaire, est une infection
virale du nerf vestibulaire. Elle survient lorsque le nerf reliant le cerveau à l’oreille interne (le huitième nerf crânien) s’enflamme, provoquant ainsi un fort vertige rotatoire accompagné de nausées et de vomissements. « On observe également un déséquilibre postural associé à un mouvement rapide et saccadé des yeux dans une même direction « le nystagmus » sans aucun signe auditif (surdité/acouphène) ni symptômes neurologiques » expliquent les spécialistes.
La crise aigüe souvent invalidante, s’observe sur une durée de quelques
heures à quelques jours. Elle nécessite parfois une prise en charge en milieu hospitalier et un traitement médicamenteux reposant sur l’association de corticoïdes, d’antiviraux et d’anti nauséeux afin de soulager les
symptômes.
La mise en place d’une rééducation vestibulaire précoce permet de réduire les sensations de vertiges et limite les troubles de l’équilibre.
Pour aider les patients à surmonter les désagréments des troubles vestibulaires et à rétablir l’équilibre et la stabilité, les médecins spécialistes ont recours à un processus thérapeutique adapté qui est la rééducation vestibulaire.
Ce processus utilise principalement l’interaction entre l’organe de l’équilibre, l’oreille
interne et l’œil.
Le rôle de l’organe de l’équilibre (le vestibule) situé dans l’oreille interne est d’assurer la stabilité des yeux lors de mouvements de la tête à moyenne et haute vitesse. Il assure aussi une image nette qui est le gage d’un bon
équilibre. « Ainsi on ne peut pas marcher droit dans un univers visuel instable » explique les spécialistes.
Il ajoutent: « En utilisant l’interaction du labyrinthe situé dans l’oreille interne, le cerveau
et l’œil, on symétrise le fonctionnement des deux organes de l’équilibre, un peu comme une balance dont un côté penche et qu’on va remettre en état d’équilibre ».
Le but de cette rééducation spécifique est donc de stabiliser le regard en travaillant sur la coordination œil-tête-tronc, retrouver une symétrie droite/gauche des oreilles internes et augmenter l’équilibre avec un
renforcement musculaire grâce à des exercices dits de proprioception.
La rééducation vestibulaire doit être pratiquée par un médecin ORL spécialiste des vertiges, par un médecin généraliste et/ou un
kinésithérapeute formé à cette rééducation spécifique. Pour obtenir de bons résultats il faut en moyenne 15 séances. Les premières séances sont souvent difficiles car elles reproduisent les sensations de nausées et de
tangage du patient. Ce dernier doit participer activement aux séances et
également effectuer des exercices à domicile.
La rééducation vestibulaire reste un des traitements qui a prouvé
son eficacité dans de nombreux problèmes d’équilibre et de vision
grâce à la compensation vestibulaire qui aide le cerveau à retrouver le
contrôle de l’équilibre et minimiser les symptômes.
Samira Faidi