L’Algérie formera des médecins et des paramédicaux tchadiens dans plusieurs spécialités prioritaires

 

Le ministre de la Santé, le Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a coprésidé mercredi 8 juillet, par visioconférence, une réunion de travail avec son homologue tchadien, le ministre de la Santé publique et de la Prévention, le Dr Abdelmadjid Abderahim. Organisée en présence des cadres des deux ministères, cette rencontre avait pour objectif de définir les modalités de mise en œuvre de l’accord de coopération sanitaire conclu entre les deux pays et d’établir une feuille de route opérationnelle couvrant plusieurs domaines prioritaires.

En ouverture des échanges, les deux ministres ont salué l’excellence des relations historiques entre l’Algérie et le Tchad, réaffirmant leur volonté commune de renforcer leur partenariat stratégique dans le secteur de la santé. Ils ont insisté sur l’importance de faire de cette coopération un levier de développement des systèmes de santé des deux pays, à travers des actions concrètes de formation, de transfert de compétences et d’échange d’expériences.

Une large partie de la réunion a été consacrée au développement des ressources humaines en santé. À cette occasion, le Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudene a annoncé un vaste programme de formation destiné aux professionnels de santé tchadiens. Celui-ci prévoit la formation de 20 infirmiers de santé publique, 20 sages-femmes, 10 auxiliaires en anesthésie-réanimation ainsi que 5 administrateurs des services de santé.

Le ministre algérien a également proposé l’ouverture de formations spécialisées en imagerie médicale et en radiologie, ainsi que des cycles de perfectionnement destinés aux médecins généralistes dans plusieurs disciplines prioritaires, notamment les urgences cardiovasculaires, la dialyse, la chirurgie vasculaire et la néphrologie. Il a précisé que ce programme sera progressivement élargi à d’autres spécialités afin d’accompagner le développement des capacités médicales du Tchad et de lui permettre de répondre plus efficacement aux urgences sanitaires.

Les discussions ont également porté sur le partage de l’expertise algérienne dans plusieurs domaines de pointe. Le ministre de la Santé a notamment présenté l’expérience de l’Algérie en matière de prévention et de lutte contre les maladies, de surveillance épidémiologique et de santé publique. Il a exprimé la disponibilité de l’Algérie à accompagner le Tchad dans le renforcement de ses dispositifs de prévention et dans le développement de mécanismes de veille sanitaire.

Les deux parties ont, par ailleurs, abordé les perspectives de coopération dans le domaine de la numérisation du système de santé. Les échanges ont porté sur le développement de plateformes numériques, la modernisation de la gestion des établissements de santé, la digitalisation des services, ainsi que sur le partage de l’expérience algérienne en matière de gestion des médicaments et des stocks pharmaceutiques afin d’améliorer la disponibilité des produits de santé.

Le volet organisationnel a également occupé une place importante lors de cette réunion. Les deux ministres ont convenu de promouvoir des programmes de jumelage entre établissements hospitaliers, de favoriser les échanges entre responsables et experts des deux pays et d’organiser des visites techniques régulières afin d’assurer le suivi des actions engagées et d’évaluer leur mise en œuvre.

Le ministre tchadien de la Santé publique et de la Prévention, le Dr Abdelmadjid Abderahim, a salué l’engagement des autorités algériennes en faveur du renforcement des capacités du système de santé tchadien. Il a souligné que son pays fait face à des besoins importants en matière de formation des personnels de santé afin de répondre à la demande croissante des patients.

Le responsable tchadien a insisté plus particulièrement sur la nécessité de renforcer les compétences dans la prise en charge des urgences médicales et de développer davantage les services spécialisés, notamment le centre de traitement des maladies rénales. Il a estimé que la formation des équipes médicales et paramédicales constitue un élément essentiel pour améliorer la qualité des soins offerts à la population.

Les deux ministres ont enfin convenu de poursuivre leurs concertations à travers des réunions bilatérales périodiques et de renforcer les mécanismes de coordination entre les deux ministères afin d’assurer un suivi régulier de l’ensemble des projets retenus. Cette rencontre marque une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération sanitaire entre l’Algérie et le Tchad, fondée sur le partage d’expertise, la formation et le développement des capacités des systèmes de santé.

Nouhad Ourebzani