Sur le plateau de l’émission « Sahtek Bin Yeddik », le Dr Yacine Benkaci, spécialiste en médecine interne et expert international en diagnostic difficile, a rappelé l’importance fondamentale de l’activité physique dans notre quotidien. Pour lui, rester en mouvement n’est pas seulement une question de sport, mais une véritable nécessité pour le bon fonctionnement du corps humain.
D’emblée, le médecin insiste sur une évolution dans notre manière de penser l’activité physique. « Avant on parlait de faire du sport, aujourd’hui, on dit qu’il faut bouger », explique-t-il. Cette nuance n’est pas anodine car il ne s’agit pas uniquement de pratiquer une activité sportive structurée mais d’intégrer le mouvement dans la vie de tous les jours.
Selon lui, le mouvement agit directement sur le vieillissement du corps. « Il y a une loi de biophysique qui dit qu’un corps en mouvement s’oxyde moins. Alors qu’un corps qui est inerte, qui ne bouge pas, vieillit plus », souligne-t-il. En d’autres termes, l’inactivité accélère certains processus liés au vieillissement, tandis que l’activité physique contribue à préserver les fonctions de l’organisme. Le mouvement joue également un rôle essentiel pour la santé des articulations. Le spécialiste rappelle que l’activité physique permet de produire le liquide synovial, indispensable à leur bon fonctionnement. « Le fait de bouger produit le liquide synovial qui facilite la mobilité de l’articulation. Quand on ne bouge pas, l’articulation devient ankylosée », précise-t-il. D’où l’importance de maintenir une activité régulière, même modérée.
Le Dr Benkaci rappelle aussi que l’être humain est physiologiquement davantage fait pour marcher que pour courir. « Nous sommes à la base des chasseurs-cueilleurs. Nous ne sommes pas faits pour courir, en raison de contraintes biomécaniques qui nous empêchent de trop courir. Par contre, nous sommes faits pour marcher », explique-t-il. Toutefois, il recommande d’introduire ponctuellement des efforts soutenus. « Deux fois par semaine, il faut faire une marche accélérée jusqu’à avoir une respiration haletante », conseille-t-il.
Cet effort intense est bénéfique pour le cœur et pour les cellules énergétiques de l’organisme. « Dans nos cellules, il y a les mitochondries qui fabriquent de l’énergie. En les sollicitant avec un effort intense, on stimule leur renouvellement », indique le spécialiste.
Durant le mois de Ramadhan, certaines adaptations sont néanmoins nécessaires. Le médecin recommande de privilégier l’activité physique après la rupture du jeûne. « Après le f’tour, avant de passer au dessert (fruits, sucreries), on essaye de marcher environ 30 mn », suggère-t-il. Les personnes habituée à pratiquer du sport peuvent aussi s’entraîner environ une heure avant le f’tour, mais avec prudence pour éviter la déshydratation. Il rappelle d’ailleurs l’importance de se réhydrater correctement après l’effort. « Avec le sport, on perd de l’eau et des minéraux. Il faut donc boire des petites quantités d’eau tout au long de la soirée », conseille-t-il.
Enfin, le Dr Benkaci encourage à profiter de chaque occasion pour bouger, même dans les gestes du quotidien. « Monter et descendre les escaliers est déjà une activité physique », rappelle-t-il. Et les bénéfices ne s’arrêtent pas là : « Quand on bouge dans la journée, la nuit on dort mieux ».
Hassina Amrouni