Le service dermatologie du CHU Mustapha, dirigé par le Pr Zoubiri, est une structure de référence qui accueille chaque jour des patients atteints de nombreuses pathologies cutanées.
Cette journée d’immersion a permis à l’équipe d’Esseha de découvrir le parcours de soins proposé aux personnes souffrant de dermatite atopique, une maladie inflammatoire chronique dont les répercussions dépassent largement le cadre médical.
Le service dispose de plusieurs unités spécialisées, notamment en dermatologie pédiatrique, chirurgie dermatologique, laser CO2 et prise en charge des hémangiomes infantiles. Il assure également le suivi de patients atteints de cancers cutanés. Le Pr Zoubiri rappelle qu’aucune lésion persistante ne doit être banalisée. « Lorsqu’un bouton noircit, augmente de volume ou ne guérit pas, il faut consulter un dermatologue », insiste-t-elle, tout en mettant en garde contre les dangers de l’automédication.
Parmi les maladies les plus fréquentes figure la dermatite atopique, également appelée eczéma atopique. Cette affection se manifeste par une peau sèche, des plaques rouges et des démangeaisons intenses qui évoluent par poussées. « C’est une maladie inflammatoire que nous rencontrons souvent chez les enfants mais aussi chez les adultes. Il est important de préciser qu’elle n’est pas contagieuse », précise la spécialiste. Chez les jeunes enfants, les lésions apparaissent principalement sur le visage avant de toucher les plis du corps après l’âge de deux ans.
Mais au-delà des symptômes, la maladie bouleverse le quotidien. Les démangeaisons perturbent le sommeil, entraînent une fatigue permanente et impacte le rendement scolaire. Les lésions visibles exposent également les enfants aux regards et à la stigmatisation. « L’enfant est souvent isolé en raison de son aspect extérieur. Or, c’est maladie n’est pas du tout contagieuse. Il faut l’expliquer aux enseignants et aux élèves pour favoriser une meilleure acceptation et changer le regard des autres », souligne le Pr Zoubiri.
Pour accompagner les patients et leurs familles, le service organise régulièrement des ateliers d’éducation thérapeutique. Les enfants y apprennent les bons gestes pour prendre soin de leurs peu, tandis que les parents reçoivent des conseils pour mieux gérer les poussées. Une psychologue participe également à cet accompagnement. « Nous donnons aux familles des conseils et des clés pour mieux appréhender cette maladie mais aussi pour mieux interagir avec les autres », souligne le professeur.
Les témoignages recueillis illustrent la réalité de cette affection. La jeune Malak raconte devoir quitter régulièrement sa classe pour aller se gratter lorsque les démangeaisons deviennent insupportables. Les nuits sont particulièrement difficiles. « Je dors très mal à cause des démangeaisons, elles sont très douloureuses et insupportables et m’empêchent de dormir », confie-t-elle.
Pour les parents, la maladie est synonyme d’inquiétude permanente. La mère d’un nourrisson diagnostiqué à l’âge de deux mois évoque « un calvaire » qui dure depuis plusieurs mois, tout en soulignant que le traitement et le suivi médical permettent aujourd’hui une amélioration malgré les poussées.
Présent lui aussi lors de cette journée, Abderrahmane vit avec une dermatite depuis près de 30 ans. Il décrit une maladie douloureuse qui l’a longtemps empêché de mener une vie normale. Grâce à la prise en charge du service de dermatologie du CHU Mustapha, son état s’est progressivement amélioré. Son message aux malades est sans équivoque : faire preuve de patiente, suivre correctement son traitement, adopter une bonne hygiène de vie et s’appuyer, si besoin, sur les associations qui constituent, selon lui un soutien précieux au quotidien.
Hassina Amrouni