En marge du congrès international de rythmologie, le professeur Rachid Belhadj, chef de service de médecine légale au CHU Mustapha et président de l’Académie Algérienne de Développement des Sciences Médico-Légales, a dressé un état des lieux crucial de la santé cardiovasculaire et de la prise en charge des décès en Algérie.
Bien que la cardiologie et la rythmologie connaissent un développement notable dans le pays avec l’émergence de spécialistes qualifiés, la prévention demeure le défi majeur. Face aux mutations sociodémographiques, à l’obésité infantile, au stress quotidien et à la consommation de drogues, le professeur Belhadj insiste sur la nécessité d’un suivi médical régulier.
Le grand spécialiste recommande un bilan de santé et un électrocardiogramme (ECG) au moins une fois par an, tout en incitant à consulter un cardiologue au moindre symptôme précurseur.
L’expert met en garde contre les « maladies du bien-portant », où des signes anodins comme des céphalées inexpliquées ou des troubles du sommeil peuvent parfois constituer les prémices d’une mort subite.
Abordant le volet médico-légal, le professeur Belhadj a également lancé un appel direct à ses confrères médecins concernant la pratique des autopsies. Il préconise d’éviter les autopsies jugées inutiles sur des personnes âgées ou dont le dossier médical est bien documenté, dès lors qu’il n’existe aucun indice suspect ou de contexte de violence.
Tout en rappelant l’introduction récente du certificat médical de constat de décès et de l’obstacle médico-légal à l’inhumation pour encadrer rigoureusement les causes probables du décès, il insiste sur le respect et la dignité dus aux défunts et à leurs familles.
Nouhad Ourebzani