Chaque année, des milliers de vies sont écourtées par des maladies cardiovasculaires, souvent en raison d’un manque de prévention. Une étude récente, publiée dans The New England Journal of Medicine, met en évidence une réalité glaçante : l’hypertension, le tabagisme, le diabète, le surpoids et l’hypercholestérolémie ne sont pas de simples facteurs de risque, mais de véritables accélérateurs de la mortalité. Pourtant, avec une prise en charge adaptée, de précieuses années de vie pourraient être sauvées.
L’analyse des données de plus de deux millions de personnes à travers le monde montre que les individus cumulant ces cinq facteurs voient leur espérance de vie drastiquement réduite. Une femme de 50 ans concernée par ces risques développera une maladie cardiovasculaire en moyenne 13,3 ans plus tôt qu’une personne en bonne santé, tandis que son espérance de vie sera amputée de 14,5 ans. Chez les hommes, la perte est de 11,8 ans. « Plus ces facteurs s’accumulent, plus leur impact s’intensifie », expliquent les chercheurs.
Mais la tendance peut être inversée. Arrêter de fumer entre 55 et 60 ans permet de récupérer environ deux ans d’espérance de vie, et un contrôle efficace de l’hypertension peut en ajouter 1,7. Il n’est donc jamais trop tard pour agir. Pourtant, dans de nombreux pays, la prévention reste largement négligée. Dépistage insuffisant, manque de suivi des patients à risque, accès limité aux programmes de sevrage tabagique… autant de lacunes qui continuent d’alimenter ce fléau.
En Algérie, les maladies cardiovasculaires constituent l’une des principales causes de mortalité, et la situation est d’autant plus préoccupante que l’hypertension et le diabète sont en forte progression. Si les solutions existent – alimentation équilibrée, activité physique, dépistage précoce et suivi médical rigoureux –, elles peinent encore à s’imposer dans les politiques de santé publique.
Alors que les maladies cardiovasculaires continuent de faucher des vies, une question demeure : à quand une véritable prise de conscience pour faire de la prévention une priorité ?
Nouhad Ourebzani