Maladies rétiniennes: Les biosimilaires au service d’un meilleur accès au traitement

A l’occasion du lancement d’un biosimilaire du ranibizumab en ophtalmologie, El Kendi Industrie du Médicament a réuni plus de 200 professionnels de santé ainsi que des experts nationaux et internationaux pour une rencontre scientifique consacrée aux avancées dans la prise en charge des maladies rétiniennes traitées par anti-VEGF.
Les échanges ont principalement porté sur l’œdème maculaire diabétique (OMD) et la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), deux pathologies susceptibles d’entraîner une perte sévère de la vision et d’altérer fortement la qualité de vie des patients.
Pour Mme Nouha Aissat, Vice-Président Specialty Business chez MS Pharm, cette rencontre visait avant tout à faire le point sur les connaissances scientifiques et les pratiques médicales les plus récentes. « Les rétinopathies, ce sont des affections de l’œil majeures qui affectent la vision du malade, diminuent l’autonomie du malade et sa qualité de vie », a-t-elle souligné au micro d’Esseha. Elle a également insisté sur l’intérêt des biosimilaires dans un contexte où le coût des traitements constitue un défi pour les systèmes de santé. Selon elle, ces médicaments peuvent contribuer à « étendre l’accès aux traitements innovants » tout en optimisant l’utilisation des ressources disponibles.
La question de l’accès continu aux traitements a été au cœur de l’intervention du Pr Yacine Achouri, chef du service pharmacie au CHU Nefissa Hammoud (ex-Parnet). Il a rappelé que le succès thérapeutique dans l’OMD et la DMLA repose sur deux principes fondamentaux : « traiter tôt » et « traiter sans interruption ». Dans cette démarche, le pharmacien hospitalier joue un rôle déterminant en garantissant la disponibilité des médicaments, depuis l’évaluation des besoins jusqu’à leur dispensation. Il a tenu à préciser « le rôle très important du comité du médicament institué par une note du ministère de la santé en 2022 et qui est une instance de décision collégiale pour, justement, définir les besoins au sein des établissements hospitaliers ».
Le spécialiste a également attiré l’attention sur l’ampleur du besoin en soins. S’appuyant sur une méta-analyse menée par la Société algérienne de pharmaco-économie, il a indiqué que la prévalence de la rétinopathie diabétique atteint 24%. Parmi ces patients, une étude réalisée à Constantine en 2015 a estimé à 8,7% la proportion de personnes souffrant d’un œdème maculaire diabétique. « Le nombre de patients concernés par les injections intravitréennes est vraiment très important », a-t-il affirmé.
De son côté, le Pr Malika Terahi, chef de service ophtalmologie au CHU Nefissa Hamoud (ex Parnet) a rappelé que les anti-VEGF ont « révolutionné la prise en charge » de plusieurs maladies rétiniennes, notamment l’OMD et la DMLA, les néovaisseaux du myope et les occlusions veineuses rétiniennes. Face à une demande en constante augmentation, elle estime que la priorité est désormais d’assurer la disponibilité des traitements afin de prendre en charge un nombre croissant de patients.
Invité de marque de cette rencontre, le Pr Fernando de Mora, professeur de pharmacologie, chercheur et consultant réputé, spécialisé dans l’évaluation clinique et réglementaire des médicaments biosimilaires, a expliqué que ces produits sont développés pour offrir « la même efficacité et la même sécurité » que les médicaments biologiques de référence. Fort de l’expérience européenne, où plus de 140 biosimilaires sont utilisés par des millions de patients, il précisé que les données accumulées confirment leur fiabilité. Leur principal atout, selon le spécialiste, est de permettre aux systèmes de santé de traiter davantage de patients sans compromettre la qualité des soins. « On ne change pas de traitement mais on fait bénéficier le patient d’un système sanitaire capable de prendre en charge beaucoup plus de patients avec le même budget ».
Hassina Amrouni