Face à la complexité croissante des maladies respiratoires, la prise en charge ne peut plus s’arrêter aux frontières d’une seule spécialité. C’est autour de cette conviction que Biogenal Pharma a organisé une Master Class multidisciplinaire consacrée notamment à la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et l’asthme, réunissant des pneumologues, un cardiologue et un spécialiste de l’anesthésie-réanimation autour d’un même objectif : croiser les expertises, rapprocher les pratiques et améliorer la continuité des soins.
Placée sous le thème : « Croiser les expertises, connecter les spécialités et améliorer le parcours de soins », la rencontre a mis en avant une réalité bien connue des praticiens : la BPCO est une maladie à point de départ respiratoire, mais dont les complications peuvent largement dépasser le champ pulmonaire.
Dans son allocution d’ouverture, le Dr Dalel Ouhib Tolba, directrice générale de Biogenal Pharma, a insisté sur la nécessité de « briser les silos » entre les spécialités afin de favoriser une prise en charge lus globale, personnalisée et optimisée du patient algérien.
Pour le Pr Naïma Adjeroud, cardiologue libérale, ancienne cheffe de service de cardiologue de l’HCA, le lien entre poumons et cœur est particulièrement important. « Le cœur et les poumons vont avoir des facteurs de risques communs, notamment le tabac et la pollution atmosphérique », explique-t-elle au micro d’Esseha. Les exacerbations répétées de la BPCO peuvent ensuite favoriser différentes complications cardiovasculaires, parmi lesquelles le cœur pulmonaire chronique, la cardiopathie ischémique ou encore les troubles du rythme, notamment la fibrillation auriculaire. Elle estime ainsi qu’après une exacerbation, « la consultation devrait être obligatoire en cardiologie ».
Même constat du côté du Dr Djaber Nemmar, pneumologue libéral et expert en imagerie thoracique, pour qui la prise en charge doit être « proactive, c’est-à-dire anticipative », en évaluant le risque dans sa globalité. Il rappelle que la maladie peut évoluer vers une hypertension pulmonaire, mais aussi vers des exacerbations associées à un « sur-risque de mortalité et un sur-risque d’événements cardiovasculaires », notamment les AVC, l’ischémie myocardique et les troubles du rythme. D’où selon lui, « l’intérêt d’une prise en charge multidisciplinaire ».
La réanimation intervient, quant à elle, en dernier recours, mais aussi dans une logique de prévention. Le Pr Mohamed Matouk, chef de service d’anesthésie-réanimation au CHU de Bab ElOued et président de la SAARSIU, insiste sur la nécessité de détecter précocement les patients à risque. « Il faut faire de la sensibilisation et de la prévention pour éviter au malade d’arriver en réanimation car en réanimation, d’autres complications peuvent survenir comme la greffe microbienne grave et d’autres complications », souligne, toujours sur le canal Esseha.
Pour lui, certains signes doivent alerter le pneumologue : « la non-réponse, la résurgence et la récidive rapide des complications ». L’enjeu est de confier le patient au réanimateur « avant qu’il ne soit trop tard », afin de stabiliser la situation puis de permettre au pneumologue de reprendre la prise en charge et d’optimiser le traitement.
A travers cette Master Class, Biogenal Pharma entend ainsi promouvoir une approche où la coopération entre spécialités devient une composante essentielle du parcours de soins, au bénéfice d’une prise en charge plus cohérente des patients atteints de maladies respiratoires complexes.
Hassina Amrouni