Toujours dans le cadre de la campagne de sensibilisation sur les cancers, initiée par esseha.dz pour ce mois de février, Pr Adjali, chef de service de chirurgie urologique au CHU de Bab El oued, revient à nous pour nous parler, cette fois-ci, du cancer de la prostate, sa population cible, ses symptômes, le parcours thérapeutique à suivre pour une meilleure prise en charge et les traitements qui lui sont réservés.
Le professeur Adjali estime que le cancer de la prostate est en évolution dans le monde et dans notre pays. Son dépistage est sélectif.
Le cancer de la prostate cible beaucoup plus les hommes de plus de 55 ans. Toutefois, il touche aussi les hommes de plus de 44 ans qui, eux, ne sentent pas, dans la majorité des cas sa présence mais ils présentent des troubles urinaires qui doivent les mener à consulter leur médecin référent ou un urologue.
Lors de la consultation, le médecin procède à un examen clinique et à un toucher rectal qui peut montrer des anomalies de la prostate si elle est atteinte, explique notre invité.
Toutefois, c’est le dosage PSA qui, s’il s’avère anormalement augmenté, qui pousse le médecin à demander une IRM prostatique pelvienne et des biopsies prostatiques. Car, selon notre spécialiste, « seuls ces deux examens nous permettent de poser le diagnostic du cancer de la prostate » .
Une fois le diagnostic posé, un bilan d’extension va être demandé. Et il s’agit là d’une scintigraphie osseuse (pour voir si le cancer n’a pas atteint les os) et un scanner thoraco-abdomino-pelvien (pour savoir si les poumons, le foie ou les ganglions sont touchés ou pas)
Le professeur Adjali explique que le cancer de la prostate peut se révéler sous deux formes distinctes : Soit localisé, soit avancé.
Si le cancer de la prostate est localisé, le traitement sera simple et bénéfique, et la guérison est presque garantie après que le patient ait subi, soit une prostatectomie radicale et un curage ganglionnaire, soit une radiothérapie associée une hormonothérapie courte.
Dans ce cas la qualité de vie est préservée, hormis quelques effets secondaires tels que l’incontinence urinaire ou une asthénie sexuelle.
Par contre si le cancer est de type avancé, avec des métastase à distance, le traitement consistera généralement en un traitement hormonal associée à une radiothérapie, du fait que l’âge avancé de la personne fait que ce denier ne supporte pas la chirurgie.
Pr Adjali conseille les hommes ayant plus de 45 ans de faire le dépistage si des membres de la famille ont des précédents de cancer de la prostate. Quant aux hommes de plus de 55 ans, ils doivent impérativement consulter dès qu’ils ont des troubles mictionnels.
Ali Djaber