Rage : l’Algérie mobilise experts et chercheurs pour atteindre l’objectif « zéro décès » d’ici 2030

Alors que la rage continue de provoquer des décès évitables dans plusieurs régions du monde, l’Algérie affiche sa volonté d’intensifier la riposte contre cette maladie mortelle à travers une mobilisation scientifique et sanitaire de grande ampleur. Réunis ce 14 mai 2026 à l’Institut Pasteur d’Algérie, experts nationaux et internationaux ont plaidé pour une approche intégrée mêlant vaccination, surveillance épidémiologique, diagnostic précoce et coopération intersectorielle afin d’atteindre un objectif ambitieux : éliminer les décès humains liés à la rage d’ici 2030.

Organisée sous le thème « Vers l’élimination de la rage : de la recherche à l’action », cette journée scientifique a rassemblé dans l’amphithéâtre de l’institut des spécialistes de santé publique, des virologues, des vétérinaires et des représentants d’organisations internationales autour d’un même constat : malgré les avancées scientifiques, la rage demeure une zoonose meurtrière qui nécessite une vigilance constante et une coordination renforcée entre les secteurs de la santé humaine et animale.

Cette rencontre scientifique s’inscrit dans la continuité du « 1er Cours Pasteur Algérie sur la rage », organisé du 11 au 13 mai, et traduit une volonté de structurer davantage les efforts de lutte contre la transmission de la rage humaine par le chien, principal vecteur de la maladie dans plusieurs pays.

Parmi les intervenants figuraient des experts de l’Organisation mondiale de la santé, du ministère de la Santé, du Centre national de référence de la rage de l’Institut Pasteur de Paris ainsi que de l’Alliance mondiale pour la lutte contre la rage (GARC). Les échanges ont porté sur les progrès réalisés en matière de diagnostic virologique, les nouvelles stratégies de surveillance et les mécanismes opérationnels permettant d’améliorer la prévention et la prise en charge des cas exposés.

Au cœur des discussions : l’approche « One Health », désormais considérée comme essentielle dans la lutte contre les maladies transmissibles entre l’animal et l’homme. Cette stratégie repose sur une coopération étroite entre médecins, vétérinaires, biologistes et autorités sanitaires afin de mieux contrôler les chaînes de transmission et renforcer les capacités de réponse sur le terrain.

Les participants ont également insisté sur l’importance de la vaccination animale, du diagnostic biologique rapide, de la sensibilisation des populations et du suivi épidémiologique pour réduire la circulation du virus. Pour les spécialistes présents, l’élimination de la rage humaine ne pourra être atteinte sans une intensification des campagnes de prévention et une meilleure coordination des acteurs impliqués dans la lutte contre cette maladie.

À travers cette journée, l’Institut Pasteur d’Algérie confirme son rôle central dans la surveillance des maladies infectieuses et la promotion de la recherche appliquée en santé publique, dans un contexte où les enjeux sanitaires liés aux zoonoses occupent une place croissante à l’échelle mondiale.

Tinhinane B