Rétinopathie diabétique: « Le dépistage précoce, meilleure prévention contre la cécité », selon le Pr Acheli

Complication fréquente mais longtemps silencieuse du diabète, la rétinopathie diabétique constitue aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique.
Invitée de l’émission « Santé Talk », réalisée en partenariat avec les Laboratoires abdi ibrahim remede pharma, le Pr Asma Acheli, chef de service d’ophtalmologie au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Blida, a rappelé l’importance du dépistage précoce et de la prévention pour préserver la vision des patients diabétiques.
La spécialiste explique que cette maladie est directement liée aux effets d’une glycémie élevée sur les petits vaisseaux sanguins de la rétine. « Les capillaires se bouchent ou vont faire sortir trop de liquide. Les tissus ne reçoivent plus suffisamment d’oxygène ou développent un oedème. C’est ce qui provoque la rétinopathie diabétique », résume-t-elle.
Lorsque l’œdème atteint la macula, responsable de la vision centrale, les conséquences peuvent être sévères. « C’est la première cause de malvoyance chez les jeunes de moins de 50 ans, dans les pays occidentalisés », souligne le Pr Acheli, rappelant que cette complication représente également un défi majeur en Algérie. « Un Algérien sur 7 est diabétique. C’est une véritable épidémie, affirme-t-elle.
L’une des principales difficultés tient au caractère insidieux de la maladie. « C’est une maladie silencieuse », insiste la spécialiste. Des patients peuvent ainsi vivre plusieurs années avec un diabète sans ressentir la moindre baisse de vision, alors que les premières lésions sont déjà installées. Seul un examen du fond d’œil permet de les détecter à temps.

Le risque augmente lorsque le diabète est mal contrôlé. « Un tiers des diabétiques non équilibrés vont développer une rétinopathie diabétique », avertit le Pr Acheli. En l’absence de prise en charge, les lésions peuvent évoluer vers des hémorragies, un décollement de la rétine, voire une cécité irréversible. « Nous préférons soigner les patients au tout début », explique-t-elle, rappelant que les traitements précoces permettent souvent d’éviter des interventions chirurgicales lourdes et onéreuses.
Le dépistage annuel demeure donc la principale recommandation. »Il faut aller voir l’ophtalmologue au moins une fois par an pour un fond d’œil. S’il n’y a rien, c’est tant mieux, mais les contrôles doivent rester réguliers même dans ce cas », insiste la spécialiste. Elle regrette par ailleurs que certains patients refusent le traitement au laser lorsqu’il est indiqué. « On propose au malade du laser qui va prévenir la rétinopathie diabétique proliférante et il y en a qui refusent. Ils finissent par perdre la vue », déplore-t-elle.

Au-delà du suivi dépistage, le Pr Acheli rappelle que la meilleure protection reste la prévention du diabète lui-même. « L’obésité et la sédentarité sont les principales causes. Il faut au moins faire une demi-heure de marche par jour et éviter les sucreries. C’est le minimum pour une bonne hygiène de vie », recommande-t-elle. Elle indique qu’un programme est actuellement élaboré avec le ministère de la Santé afin d’encourager l’activité physique et promouvoir de meilleures habitudes alimentaires.
En conclusion, le message de la spécialiste est sans équivoque : « Nous demandons à nos patients d’agir dans la prévention, de suivre les conseils de leurs médecins traitants et de faire au moins une fois par an, un passage chez l’ophtalmologue ». Un suivi régulier qui peut faire toute la différence entre préserver sa vue et faire face à des complications irréversibles.
Hassina Amrouni